Alexeï Navalny est mort en février 2024, après avoir été transféré dans une colonie pénitentiaire de haute sécurité située au‑delà du cercle polaire arctique, en Russie.
Le Kremlin a accueilli de manière "très négative" les accusations occidentales selon lesquelles l’État russe aurait mortellement empoisonné l’opposant emprisonné Alexeï Navalny avec une toxine létale présente dans la peau de grenouilles dendrobates d’Équateur.
“Nous n’acceptons évidemment pas de telles accusations, nous ne sommes pas d’accord avec elles”, a déclaré lundi aux journalistes Dmitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine, cité par l’agence de presse d’État TASS. “Nous les considérons comme partiales et infondées. Nous les rejetons fermement”, a poursuivi Peskov.
Le Royaume‑Uni et d’autres alliés européens affirment que leurs services de renseignement et leurs analyses de laboratoire les ont amenés à conclure que la toxine de dendrobate était à l’origine de la mort de Navalny en février 2024.
Des conclusions qui contredisent la version russe selon laquelle Navalny est mort de causes naturelles, renforçant un différend international sur de possibles violations de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. Moscou est régulièrement accusé d’avoir fait assassiner, souvent par empoisonnement, des critiques de premier plan du Kremlin et de Vladimir Poutine, ainsi que des personnes considérées comme des traîtres. Le Kremlin rejette ces allégations.
“Un travail de collaboration a confirmé, grâce à des analyses de laboratoire, que la toxine mortelle présente dans la peau des grenouilles venimeuses d’Équateur (l’épibatidine) a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny et a très probablement provoqué sa mort”, a déclaré le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué.
“Seul l’État russe avait les moyens, le mobile et l’opportunité d’utiliser cette toxine mortelle pour viser Navalny pendant son incarcération dans une colonie pénitentiaire en Sibérie, et nous le tenons pour responsable de sa mort”, précise le communiqué. Le Royaume‑Uni a travaillé conjointement avec la Suède, la France, les Pays‑Bas et l’Allemagne.
Les ministères des Affaires étrangères de ces cinq alliés européens ont rendu publiques leurs conclusions à l’approche du deuxième anniversaire de la mort de Navalny. (...)
Son épouse, Ioulia Navalnaïa, actuellement présente à la Conférence de Munich sur la sécurité, a déclaré dans un message publié sur X : “J’étais certaine dès le premier jour que mon mari avait été empoisonné, mais nous en avons désormais la preuve : Poutine a tué Alexeï avec une arme chimique. Je suis reconnaissante envers les États européens pour le travail méticuleux mené durant deux ans et pour avoir mis la vérité au jour.”
De son côté, le Royaume‑Uni a saisi l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, accusant la Russie de “violation flagrante de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques”.
Au moment de sa mort, Navalny purgeait une peine de 19 ans qu’il considérait, avec ses partisans, comme motivée par des raisons politiques. Les autorités russes avaient indiqué à l’époque qu’il s’était senti mal après une promenade et qu’il était mort de causes naturelles. Il avait déjà été la cible, en 2020, d’un empoisonnement à un agent neurotoxique, qu’il imputait au Kremlin, lequel avait de nouveau nié toute implication.
(©Newsweek 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : Jaunt and Joy via Unsplash)
