©Alexey Larionov via Unsplash
La sécurité d’Armin Papperger, PDG du fabricant d’armes allemand Rheinmetall, a été renforcée pour atteindre le même niveau que celle de la chancelière allemande. Le PDG, âgé de 63 ans, est escorté jour et nuit par des gardes du corps du gouvernement allemand, même au siège social de Düsseldorf. C’est ce qu’il a confirmé lors d’un entretien avec l’agence de presse allemande DPA.
Ces mesures font suite à des menaces concrètes. Selon des sources américaines spécialisées dans la sécurité, la Russie aurait ourdi un complot visant à assassiner Armin Papperger. Berlin en a été averti en 2024. Il est sous protection policière depuis 2022. Récemment, des incidents ont également été signalés à proximité de son domicile. Son abri de jardin a ainsi été incendié et des manifestations ont eu lieu devant chez lui. Malgré la pression, M. Papperger affirme qu’il ne cédera pas. "Ce travail doit être fait, un point c’est tout. Ceux qui ne supportent pas la pression n’ont pas leur place à ce poste", a déclaré le dirigeant, qui, selon l’agence DPA, refuse de se laisser intimider. Il souligne que l’État allemand le protège "autant que cela est humainement possible", mais reconnaît que, s’il occupait un autre poste, il serait confronté à un niveau de menace moindre.
Les Russes ciblent l’industrie de l’armement qui approvisionne l’Ukraine
Les risques ne se limitent d’ailleurs pas à M . Papperger seul. Le service de renseignement intérieur allemand (BfV) a récemment mis en garde l’industrie de la défense contre un risque accru d’espionnage et de sabotage russes. Dans une note de sécurité adressée à l’ensemble du secteur, les services affirment que des attaques contre des employés, en particulier des cadres supérieurs, "ne peuvent être exclues".
Le BfV fait notamment référence à la guerre qui se poursuit en Ukraine et au rôle central des fournisseurs allemands dans l’armement de Kiev. Rheinmetall est l’un des principaux fournisseurs de systèmes d’armement à l’Ukraine, allant des obus d’artillerie aux véhicules blindés. Cette position fait du groupe et de ses dirigeants une cible, selon l’avertissement. Il est conseillé aux collaborateurs de faire preuve de prudence quant à leurs données personnelles, y compris sur les réseaux sociaux, et d’être particulièrement vigilants lors de leurs déplacements, notamment vers des pays présentant un risque accru d’écoute et de piratage. M. Papperger bénéficie désormais d’un dispositif de protection comparable à celui du chancelier fédéral Friedrich Merz. Il reste à la tête de l’entreprise.
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