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L’Autriche a démantelé un réseau international qui contournait les sanctions de l’UE pour contribuer à la production de missiles de croisière et d’avions de chasse russes. Les services de renseignement autrichiens ont mis au jour cette structure clandestine. C’est ce qu’a annoncé le ministère de l’Intérieur le 10 août.
Le secrétaire d’État Jörg Leichtfried a qualifié "d’inacceptable" le fait que des technologies de pointe européennes soient utilisées dans la production de missiles de croisière et de systèmes de défense aérienne. "Nous continuerons à agir, en totale coopération internationale, contre ceux qui contournent les interdictions pour soutenir l’industrie de l’armement russe", a -t-il déclaré . Selon le ministère, une société écran a été créée à Vienne afin d’exporter vers la Russie des marchandises soumises à des sanctions, notamment destinées à la fabrication de missiles de croisière et d’avions de combat. Il s’agissait principalement de machines de découpe commandées par ordinateur destinées à la production de masse et d’outils spécialisés pour l’usinage des métaux. Ces marchandises ont été expédiées via des pays intermédiaires, notamment la Biélorussie, Hong Kong, le Kirghizistan, la Lituanie, la Pologne, la Corée du Sud, la Turquie et les Émirats arabes unis.
Contournement des sanctions et tromperie des fabricants européens
Des certificats d’utilisateur final falsifiés ont permis de tromper les fabricants européens. Ceux-ci pensaient que les marchandises restaient dans des pays tiers, alors qu’elles étaient en réalité destinées à des entreprises liées au conglomérat d’État russe Rostec. Rostec, qui fait lui-même l’objet de sanctions internationales, affirme être responsable de la moitié de la production militaire russe. L’entreprise est à l’origine de systèmes tels que le Pantsir, le missile de croisière Kh-101 et le missile balistique Iskander, qui ont déjà été utilisés à de nombreuses reprises lors d’attaques meurtrières contre des civils ukrainiens.
Arrestation d’un Biélorusse
Un Biélorusse, directeur et copropriétaire de la société écran autrichienne, a été arrêté le 13 mai. Des actifs d’une valeur de 140 000 euros ont été saisis. L’entreprise achetait depuis 2019 déjà des biens industriels à usage militaire. Depuis 2022, les livraisons aux fabricants d’armes russes s’élevaient à 3,3 millions d’euros.
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