The Press Junction.
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12 mai 2026

Le Guatemala dit stop au pétrole pour sauver la forêt maya

©Pau de Valencia via Unsplash

Le Guatemala a décidé de ne pas renouveler le contrat d'extraction pétrolière pour une zone de près de 30 kilomètres carrés à l'intérieur de la Laguna del Tigre, l'une des régions les plus sensibles de la Réserve de biosphère maya. 

Le choix est clair : il s’agit de renoncer au pétrole pour renforcer la protection de l'un des écosystèmes les plus importants d'Amérique centrale, un refuge pour les aras rouges, les jaguars et des centaines d'espèces menacées.

La Laguna del Tigre fait partie d'un système protégé de plus de 3 000 kilomètres carrés, relié écologiquement au Belize et au Mexique, qui permet à la faune mésoaméricaine de se déplacer librement à travers les frontières nationales. C'est l'un des corridors biologiques les plus stratégiques du continent : c’est pour cette raison même que la présence d'un champ pétrolier en son sein a toujours été un non-sens. 

Pendant des années, l'extraction (confiée à la société anglo-française Perenco) a été tolérée, garante de revenus significatifs pour un pays en développement comme le Guatemala. Aujourd'hui, le gouvernement admet ce que les écologistes et les communautés locales dénoncent depuis longtemps : l'opération n'en vaut plus la peine. Entre la pollution, la baisse des prix du pétrole et l'augmentation des activités illégales dans la réserve, le bilan est devenu négatif, tant sur le plan économique qu'environnemental.

Reprise du contrôle

Les puits du champ pétrolier de Xan seront donc fermés et les contrôles seront renforcés sur une zone qui, pendant des années, a été pillée par l'élevage illégal, l'exploitation forestière, l'agriculture clandestine et le trafic illicite.

Cette décision marque le début d'un processus de reprise de contrôle (le point ambigu étant qu'il sera confié à l'armée guatémaltèque) d'une vaste partie du territoire national qui, depuis bien trop longtemps, a été exploitée par des acteurs engagés dans des activités illégales, a déclaré le président Bernardo Arévalo.

A savoir que la Laguna del Tigre est l'une des zones les plus dévastées de toute la réserve maya. Chaque année, des milliers d'hectares sont détruits pour laisser place à des pâturages illégaux et à des cultures illicites. Une catastrophe écologique en pleine lumière.

Le ministère de la Défense et la Police nationale civile occuperont la zone de l'ancien champ pétrolier pour coordonner les opérations contre les crimes environnementaux et pour organiser une coopération plus étroite avec le Mexique et le Belize (...).

Le temps des critiques

Selon certains observateurs, la "militarisation verte" du site risque d'être davantage un geste symbolique qu'une véritable clé de changement. La réserve dispose déjà de structures de sécurité, mais la corruption et le manque de ressources les rendent souvent inefficaces.

Le risque est que seul le contrôle formel change, pas le fond.

Un facteur politique pèse néanmoins lourd dans la balance : ces derniers jours, un “état de siège” a été déclaré au Guatemala, en réponse à une situation très complexe. Le Guatemala est l'un des pays les plus violents d'Amérique latine, et en ce moment-même, des groupes criminels se sont unis contre l'État. Dès lors, son merveilleux patrimoine naturel sera-t-il une véritable priorité ?

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