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Depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient fin février, le passage des pétroliers par le détroit d’Ormuz s’est quasiment interrompu.
Une guerre qui s’étend à l’Iran a cloué les pétroliers à quai, fait des raffineries des cibles et effrayé les investisseurs, inquiets de l’effet domino d’une envolée des prix de l’énergie.
Si le moment pourrait sembler idéal pour puiser dans les réserves pétrolières d’urgence mondiales, les dirigeants de la planète répondent pour l’instant avec réticence.
Depuis l’éclatement de la guerre au Moyen-Orient fin février, avec les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, le flux de pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz s’est quasiment interrompu, coupant un passage vital pour une part considérable du pétrole mondial. Les prix se sont envolés.
Le Brent, référence internationale, a bondi lundi jusqu’à près de 120 dollars (env. 103 euros) le baril, soit environ 65 % de plus qu’au début du conflit, avant de retomber autour de 90 dollars (env. 77 euros)
Les pays du monde entier détiennent d’importantes quantités de pétrole auxquelles ils peuvent recourir en cas de crise.
Parce que le pétrole est une matière première mondialisée et qu’inonder le marché d’un afflux soudain de barils a des répercussions internationales, les pays se concertent souvent avant de puiser dans leurs réserves. Cela inclut une coordination avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE), créée dans le sillage de la crise pétrolière de 1973.
Mais décider d’utiliser ces réserves n’est jamais une équation simple, surtout lorsqu’il s’agit d’un conflit dont les paramètres évoluent sans cesse et dont l’issue temporelle reste floue.
"La grande question concernant l’utilisation de ces réserves reste combien de temps ce conflit va-t-il durer ?" », explique Tom Seng, professeur de finance de l’énergie à la Texas Christian University. "Et, plus important encore, combien de temps le détroit d’Ormuz restera-t-il bloqué ?"
Par le passé, les réserves ont été mises à contribution lorsque le marché subissait de fortes perturbations, notamment lors des guerres en Irak, en Libye et, plus récemment, en Ukraine.
Chacun des 32 pays membres de l’AIE s’engage à disposer de réserves au moins équivalentes à 90 jours d’importations. Les États-Unis exportent plus qu’ils n’importent et entretiennent néanmoins leur propre réserve, sans y être obligés. Mais pour les autres pays, puiser dans les stocks implique à terme de devoir les reconstituer.
Jusqu’ici, les dirigeants se montrent réticents à puiser dans leurs stocks.
Ce week-end, le président américain Donald Trump a minimisé l’idée de recourir à la Réserve stratégique de pétrole, affirmant que l’offre restait abondante et que les prix finiraient par baisser.
Les représentants du Groupe des Sept grandes puissances industrialisées ont discuté du sujet lundi, mais ont eux aussi décidé de ne pas toucher pour l’instant aux réserves stratégiques.
"Nous n’en sommes pas là", a déclaré le ministre français des Finances Roland Lescure après avoir présidé la réunion du G7. Il a toutefois indiqué aux journalistes à Bruxelles que le groupe était "prêt à prendre les mesures nécessaires et coordonnées pour stabiliser les marchés, comme recourir au stockage stratégique".
Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a participé à la réunion, notant ensuite l’existence de "risques importants et croissants pour le marché. Les pays membres de l’agence disposent de plus de 1,2 milliard de barils de pétrole d’urgence", a-t-il été précisé.
Bien que les dirigeants aient jusqu’ici renoncé à utiliser leurs réserves, les experts estiment que le simple fait d’évoquer cette possibilité peut apaiser les marchés.
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