Les États-Unis appelés à suspendre les opérations d’ICE pendant la Coupe du monde
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Amnesty International réclame la garantie que les événements de la Coupe du monde de la FIFA 2026 ne seront pas ciblés par des opérations de contrôle migratoire.
Amnesty International a appelé l’administration Trump à garantir que les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ne mèneront pas d’opérations de contrôle migratoire à caractère civil aux abords des matchs et des fan zones de la Coupe du monde de la FIFA 2026.
Le mois dernier, le directeur par intérim d’ICE, Todd Lyons, avait refusé d’exclure des actions de contrôle à proximité des rencontres, affirmant que les agents constitueraient un "élément clé" de l’architecture globale de sécurité du tournoi.
Dans un rapport publié lundi, Amnesty, basée à Londres, a appelé les États-Unis et les villes hôtes à "mettre fin aux descentes indiscriminées, au profilage ethnique, aux arrestations arbitraires, à la détention de masse et aux expulsions illégales aux États-Unis".
Le rôle des agents d’ICE lors de ce tournoi, organisé conjointement aux États-Unis, au Mexique et au Canada, est de plus en plus scruté, alors que le coup d’envoi du premier match est prévu le 11 juin. Sur les 16 villes hôtes, 11 se trouvent aux États-Unis.
Dans ce contexte de préoccupations croissantes, des élus démocrates de la Chambre des représentants ont présenté au début du mois une série de propositions de loi visant à limiter l’implication d’ICE. L’une d’elles, présentée par la représentante démocrate du New Jersey Nellie Pou, interdirait les opérations de contrôle migratoire civil à proximité des matchs de la Coupe du monde et des fan festivals associés.
Dans son rapport, Amnesty avertit que le tournoi pourrait se transformer en "théâtre de la répression" et affirme que les États-Unis sont confrontés à une "urgence en matière de droits humains". L’organisation y rappelle les homicides de citoyens américains Renee Good, Alex Pretti et Ruben Ray Martinez par des agents fédéraux et estime que les opérations de contrôle migratoire et la détention de masse aux États-Unis constituent "peut-être la menace la plus flagrante pour les participants, visiteurs comme résidents, à la Coupe du monde".
Elle souligne également que, dans certaines villes hôtes comme Dallas, Houston et Miami, ICE a signé des accords de coopération avec les forces de l’ordre locales.
Amnesty fait valoir que les restrictions à l’entrée sur le territoire américain pourraient affecter les supporters de plusieurs pays ; quatre équipes déjà qualifiées viennent de pays dont les supporters sont confrontés à des obstacles majeurs pour voyager aux États-Unis.
Parmi ses autres recommandations, l’ONG appelle les États-Unis à lever certaines interdictions de voyager, à abandonner les projets de contrôle des comptes de réseaux sociaux et à prendre des mesures pour "protéger les personnes LGBTQI+ contre la discrimination, le harcèlement et les violences".
Amnesty International écrit dans son rapport : "Il est encore temps d’éviter que la Coupe du monde 2026 ne devienne une scène de répression et une plateforme pour des pratiques autoritaires. Les gouvernements hôtes doivent respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits humains, tandis que la FIFA, les fédérations nationales et les sponsors ont tous des responsabilités claires en matière de respect des droits humains, et doivent user de leur influence considérable pour protéger les supporters, les joueurs, les journalistes, les travailleurs et les communautés locales. C’est à ces personnes — et non aux gouvernements, à la FIFA ou aux sponsors — qu’appartient le football, et leurs droits doivent être au cœur de ce tournoi."
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