Les États‑Unis envoient des moyens militaires au Moyen‑Orient, notamment le porte‑avions USS Abraham Lincoln et d’autres navires de guerre, dans ce que Trump a décrit comme une "armada" susceptible de frapper l’Iran en réponse à sa répression meurtrière des manifestations.
Lors des récentes manifestations de masse en Iran, Trump avait mis en garde le régime de Téhéran, affirmant qu’il passerait à l’attaque si les autorités tuaient des manifestants, alors que la direction cléricale du pays faisait face au plus grand défi à son autorité depuis la révolution islamique de 1979.
Il avait assuré aux manifestants que "l’aide est en route" tout en envisageant de lancer des frappes. Mais Trump a ensuite déclaré que l’Iran avait mis fin aux tueries et annulé des projets visant à expédier les exécutions de manifestants détenus à la suite de ses exigences.
Plus de 5 000 personnes ont trouvé la mort pendant les troubles, principalement des manifestants tués par les forces de sécurité du régime iranien, selon les derniers chiffres de l’Agence des activistes des droits humains (Human Rights Activists News Agency) — un bilan qui devrait encore s’alourdir. L’agence fait état de 26 852 arrestations à ce jour.
Le gouvernement iranien a publié mercredi dernier son premier bilan officiel, faisant état de 3 117 morts. Il a précisé que 2 427 personnes tuées lors des manifestations, qui ont débuté le 28 décembre sur fond de grave crise économique, étaient des civils et des membres des forces de sécurité, le reste étant qualifié de "terroristes". Par le passé, la théocratie iranienne a souvent minoré ou passé sous silence le nombre de victimes lors de troubles intérieurs.
Trump a déclaré jeudi à bord d’Air Force One que les États‑Unis déplaçaient des navires en direction de l’Iran "au cas où" il déciderait d’agir.
"Nous surveillons l’Iran. Vous savez, nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, juste au cas où. Nous avons une grande flottille qui va
dans cette direction. Et nous verrons bien ce qui se passe", a déclaré le président américain, ajoutant : "je préférerais qu’il ne se passe rien, mais nous les surveillons de très près", qualifiant les bâtiments de "armada".
"J’ai arrêté 837 pendaisons jeudi", a poursuivi Trump. "Ils seraient morts. Chacun d’eux aurait été pendu. C’est comme il y a mille ans. C’est une culture ancienne. Des gens très intelligents, d’ailleurs. Mais c’est une culture ancienne."
Selon les analystes, un renforcement militaire donnerait à Trump la possibilité de mener des frappes, même s’il s’est jusqu’ici abstenu d’agir malgré ses avertissements répétés à Téhéran. Cela permettrait également aux États‑Unis de mieux protéger leurs intérêts dans la région, notamment leur base aérienne stratégique d’Al Udeid au Qatar, en cas de représailles iraniennes.
"Même si le président Trump semble aujourd’hui avoir fait marche arrière, probablement sous la pression des dirigeants régionaux et conscient que des frappes aériennes seules ne suffiraient pas à faire imploser le régime, des moyens militaires continuent d’être acheminés dans la région, ce qui indique qu’une action reste possible", estime le Soufan Center, un groupe de réflexion basé à New York, dans une analyse publiée vendredi.
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