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Même des variations modestes de la production de l’OPEP peuvent peser sur les prix mondiaux, les anticipations d’offre et la planification économique.
Alors que les prix des carburants augmentent dans une grande partie du monde et que la guerre en Iran continue de perturber les flux énergétiques mondiaux, les huit pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) se sont réunis dimanche pour mettre en œuvre une nouvelle série d’ajustements volontaires de leur production de pétrole, réaffirmant ainsi leur engagement à stabiliser les marchés mondiaux de l’énergie.
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont frappé des cibles militaires clés en Iran et tué le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi que d’autres dirigeants du régime. L’Iran a répliqué en lançant des missiles et des drones contre Israël et plusieurs monarchies du Golfe hébergeant des forces armées américaines, tout en fermant de fait le détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz, un étroit passage maritime reliant le golfe Persique aux grandes routes maritimes mondiales, est l’un des goulets d’étranglement les plus stratégiques de la planète pour les approvisionnements énergétiques. Environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole y transitent, et toute perturbation prolongée pourrait avoir des conséquences majeures pour les marchés internationaux.
Ce blocus a déjà fait grimper les prix du pétrole et les tarifs à la pompe, alimentant les craintes que, combiné aux perturbations touchant d’autres marchandises, il ne débouche rapidement sur une flambée d’inflation à l’échelle de l’économie.
Même de légers ajustements de la production de l’OPEP peuvent influer sur les prix mondiaux, sur les anticipations d’offre et sur la planification économique, aussi bien pour les pays producteurs que pour les pays consommateurs.
Dans un communiqué publié dimanche, l’OPEP a indiqué que les huit pays membres, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, les Émirats arabes unis (EAU), le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman, s’étaient réunis virtuellement pour examiner la situation du marché et ses perspectives.
Ils se sont mis d’accord pour ajuster leur production de 206 000 barils par jour (bpj), en puisant dans les coupes volontaires de 1,65 million de bpj annoncées pour la première fois en avril 2023.
Cette adaptation entrera en vigueur en mai, avec la possibilité de rétablir les 1,65 million de bpj "en partie ou en totalité" selon l’évolution du marché.
Le groupe a insisté sur la nécessité de conserver une marge de manœuvre — y compris la possibilité d’augmenter, de suspendre ou d’annuler des réductions volontaires antérieures, dont les 2,2 millions de bpj annoncés en novembre 2023.
Si cette décision ne devrait pas faire baisser les prix à la pompe, elle pourrait toutefois amortir la poursuite de leur hausse, ont estimé certains experts à la suite d’une annonce similaire faite par l’OPEP le mois dernier.
Les pays ont réaffirmé leur engagement à respecter pleinement la Déclaration de coopération et se sont engagés à compenser tout dépassement de production depuis janvier 2024.
Le groupe a également souligné l’importance de protéger les voies maritimes internationales afin de garantir la continuité des flux énergétiques et a exprimé son inquiétude face aux attaques visant les infrastructures énergétiques, avertissant que les dégâts sont coûteux, longs à réparer et déstabilisants pour l’offre mondiale.
L’OPEP tiendra des réunions mensuelles pour réévaluer la situation du marché, suivre le respect des engagements et examiner l’avancement des mesures de compensation. Sa prochaine réunion est prévue le 3 mai, au cours de laquelle elle décidera si de nouveaux ajustements — ou des annulations — sont nécessaires à mesure que la demande mondiale, les risques géopolitiques et les perturbations de l’offre évoluent.
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