The Press Junction.
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12 mai 2026

Les probabilités d’une destitution de Donald Trump via le 25e amendement augmentent

©picture alliance / Consolidated News Photos | Aaron Schwartz - Pool via CNP

Les marchés de prédiction, suivant la probabilité que le président Donald Trump soit destitué sur le fondement du 25e amendement, ont connu une progression constante ce week‑end de Pâques. Cette hausse reflète l’intensification des spéculations publiques alors que la guerre en Iran s’intensifie et que les récentes déclarations du président font l’objet d’un examen minutieux.

Sur Kalshi, l’une des plus grandes plateformes de prédiction réglementées, le volume d’échanges a bondi à mesure que les utilisateurs pariaient sur une éventuelle initiative du Cabinet pour déclarer le président inapte.

Cette augmentation intervient en pleine crise mondiale, alors que la guerre en Iran remodèle la politique étrangère américaine et soulève des questions sur la prise de décision au plus haut sommet de l’État.

Le 25e amendement constitue l’un des mécanismes constitutionnels les plus lourds de conséquences, puisqu’il permet au vice‑président et à une majorité des membres du Cabinet de déclarer qu’un président est incapable d’exercer les responsabilités de sa fonction.

Même de légères fluctuations sur les marchés de prédiction peuvent influencer le récit politique, la confiance des investisseurs ainsi que la perception du public quant à la stabilité au sein de l’exécutif.

Si les marchés de prédiction ne permettent pas de prévoir les issues avec certitude, ils reflètent souvent, en temps réel, l’évolution des attentes du public.

La plateforme de prédiction Kalshi a mis en ligne un contrat intitulé “Le 25e amendement sera‑t‑il utilisé durant la présidence de Trump ?”, permettant aux traders d’acheter des actions "Oui" ou "Non".

Les prix du côté "Oui" ont augmenté ces derniers jours, passant de 28,6 % à 35,1 % en un mois. C’est le deuxième niveau le plus élevé enregistré depuis le début du second mandat. Le sondage avait démarré à 15 % de "oui" en janvier 2025, selon les données de Kalshi.

Les acteurs du marché ont réagi à une série de polémiques très médiatisées, notamment les récents messages de Donald Trump sur les réseaux sociaux concernant l’Iran, pays qui a de facto fermé le détroit d’Ormuz, ainsi qu’à des menaces visant des infrastructures civiles.

Le dimanche de Pâques, le président américain a publié sur sa plateforme Truth Social un message truffé de grossièretés concernant la guerre.

“Mardi sera la Journée des Centrales électriques et celle des ponts, tout cela en un seul jour en Iran. On n’aura jamais rien vu de tel !!! Ouvrez ce put*** de détroit, bande de malades, ou vous vivrez en enfer — VOUS VERREZ BIEN ! Loué soit Al.lah”, a‑t‑il écrit.

Le même jour, le sénateur Chris Murphy, démocrate du Connecticut, a appelé le Cabinet à envisager de recourir au 25e amendement, qualifiant le message de Donald Trump de “complètement, totalement délirant”.

Le 25e amendement n’a jamais été utilisé pour destituer un président en exercice ; son utilisation la plus fréquente concerne des transferts temporaires de pouvoir lors d’interventions médicales.

Toute mise en œuvre de cet amendement nécessiterait une action formelle du vice‑président et d’une majorité des membres du Cabinet, suivi d’une éventuelle intervention du Congrès — une procédure jalonnée de nombreux obstacles juridiques et politiques.

Les détracteurs des marchés de prédiction estiment que des plateformes comme Kalshi peuvent alimenter la panique politique en monétisant la spéculation. À l’inverse, les partisans de ces marchés rétorquent qu’ils fournissent des indicateurs transparents et en temps réel des attentes du public dans les périodes d’incertitude.

Et maintenant ?

Le marché de Kalshi continuera de fonctionner tant que le contrat restera actif, les prix étant appelés à fluctuer au gré de l’actualité politique et de l’évolution de la guerre en Iran.

Les analystes s’attendent à ce que les marchés de prédiction demeurent volatils tant que les tensions internationales resteront élevées et que l’administration sera sous étroite surveillance.

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