The Press Junction.
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12 mai 2026

Les yeux pourraient révéler la maladie d’Alzheimer bien avant les dommages irréversibles

©v2osk via Unsplash

De nouveaux travaux suggèrent que de subtiles modifications à la périphérie de la rétine pourraient permettre de repérer la maladie d’Alzheimer des années avant le début de la perte de mémoire.

Les yeux, et plus précisément les bords extérieurs de la rétine, pourraient offrir une fenêtre sur les prémices de la maladie d’Alzheimer, bien avant que des dommages irréversibles n’apparaissent dans le cerveau.

C’est la conclusion de nouvelles recherches menées au sein de l’Institut Académique de l’hôpital Houston Methodist, qui mettent en évidence des modifications des cellules rétiniennes dès les tout premiers stades de la maladie. Ces résultats ouvrent potentiellement la voie à un diagnostic et à un traitement plus précoces grâce à des examens ophtalmologiques de routine.

Ce que révèle la rétine périphérique

Historiquement, la plupart des examens cliniques de l'œil se sont concentrés sur la rétine centrale, responsable d’une vision nette et détaillée.

Cependant, les recherches de l’équipe de Houston Methodist, dirigée par le Dr Stephen Wong, montrent que les indicateurs précoces les plus critiques de la maladie d’Alzheimer pourraient être dissimulés dans la rétine périphérique. Cette zone externe de l’œil contient une concentration plus élevée de cellules gliales de Müller (glie de Müller), des cellules de soutien qui jouent un rôle clé dans le maintien de la santé rétinienne.

À l’aide de modèles murins (souris), les chercheurs ont examiné la façon dont ces cellules gliales se transforment aux tout premiers stades de cette pathologie, qui devrait toucher plus de 150 millions de personnes dans le monde d’ici 2050. L’étude a révélé que ces cellules subissent des changements cellulaires et structurels significatifs bien avant l’apparition d’autres symptômes de la maladie. Ces altérations sont cohérentes avec les observations faites chez des personnes déjà diagnostiquées.

L’un des points centraux de la recherche portait sur l’aquaporine‑4, une protéine du système nerveux central qui participe à l’élimination des déchets métaboliques du cerveau, y compris les protéines associées à Alzheimer. Les chercheurs ont constaté que les niveaux d’aquaporine‑4 augmentent dès les tout premiers stades de la maladie. Cette hausse est associée à un stress au niveau de la rétine périphérique, qui se manifeste par une augmentation à la fois de la taille et du nombre de cellules gliales.

Selon les chercheurs, ce stress rétinien constitue une preuve visuelle que l’organisme redouble d’efforts pour maintenir son équilibre, avant que le système ne commence finalement à défaillir aux stades plus avancés de la maladie d’Alzheimer, à mesure que la pathologie progresse.

En d'autres termes, les yeux pourraient commencer à montrer des signes de fatigue à mesure qu’ils tentent de compenser les premières modifications liées à la maladie survenant ailleurs dans l’organisme.

Quand les yeux se ferment 

En outre, ces découvertes apportent un éclairage nouveau sur le rôle de l’œil dans le système glymphatique, souvent décrit comme le “réseau de plomberie” du cerveau. Ce système évacue, pendant le sommeil profond, les déchets métaboliques spécifiques au tissu cérébral, tels que les protéines bêta-amyloïdes et tau.

En identifiant des modifications rétiniennes qui surviennent avant la défaillance de ce système, ces travaux laissent penser que les médecins pourraient, un jour, être en mesure de détecter la maladie d’Alzheimer des années plus tôt qu’il n’est actuellement possible de le faire.

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