©picture alliance / NurPhoto | Kristian Tuxen Ladegaard Berg
Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a prévenu que l’île devait se préparer à une éventuelle invasion des États-Unis, alors que le président américain multiplie les discours sur l’annexion de ce territoire danois.
Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que l’acquisition du Groenland par les États-Unis était nécessaire à la sécurité du pays. Plus tôt cette année, la Maison-Blanche a d’ailleurs refusé d’écarter l’option d’un recours à la force militaire. Cette position a ravivé les inquiétudes sécuritaires des Groenlandais et placé les alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) dans une situation délicate.
Newsweek a contacté le Pentagone par e-mail pour obtenir un commentaire.
Les propos réitérés du président américain sur une possible annexion du Groenland ont mis à rude épreuve les relations entre les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN. Le président soutient que Washington a un intérêt légitime à contrôler le territoire afin de renforcer son influence dans une région arctique de plus en plus cruciale, sur fond de montée en puissance russe et chinoise.
Cette idée ne trouve guère d’écho auprès des partenaires européens, et la plupart des Américains s’y opposent. Seuls 13 % des Américains soutiennent l’usage de la force militaire pour prendre le Groenland, bien que 32 % disent être favorables à l’achat du territoire, selon un sondage YouGov/The Economist réalisé du 23 au 26 janvier auprès de 1 684 personnes.
Alerte du Premier ministre groenlandais
Jens-Frederik Nielsen a déclaré à NBC News que le gouvernement groenlandais avait demandé aux habitants de se tenir prêts à toute éventualité en constituant des réserves de nourriture, d’eau et de vêtements chauds pour au moins cinq jours.
“S’ils s’en prennent à notre infrastructure, nous devons bien sûr être prêts”, a-t-il indiqué.
Interrogé pour savoir si l’alliance militaire lui avait donné des garanties quant à sa volonté de s’opposer aux États-Unis en cas d’invasion, M. Nielsen a répondu qu’il ignorait si “l’OTAN donnerait l’assurance de se battre pour nous contre un autre allié”. L’article 5 du traité de l’OTAN stipule qu’une attaque contre l’un des États membres doit être considérée comme une attaque contre tous.
Les pays de l’OTAN “ont déclaré publiquement qu’ils nous soutenaient pleinement”, a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que la question de la défense au sein de l’Alliance était “un sujet difficile”, “auquel il est compliqué de répondre”.
Les citoyens du Groenland “ne se sentent pas en sécurité” et ont été “effrayés” par les déclarations de Donald Trump, a conclu M. Nielsen.
Les dernières déclarations de Donald Trump sur le Groenland
Le locataire de la Maison-Blanche a vivement critiqué l’OTAN au sujet du Groenland dans un message publié la semaine dernière sur Truth Social, en pleine guerre avec l’Iran. Le président se montre de plus en plus agacé par des alliés de l’OTAN qui ont refusé de soutenir les États-Unis dans leurs opérations au Moyen-Orient et il n’exclut pas de se retirer de l’Alliance militaire.
“L’OTAN N’ÉTAIT PAS LÀ QUAND NOUS AVIONS BESOIN D’EUX, ET ILS NE SERONT PAS LÀ SI NOUS AVONS ENCORE BESOIN D’EUX. RAPPELEZ-VOUS LE GROENLAND, CE GRAND MORCEAU DE GLACE MAL GÉRÉ !!! Président DJT”, a-t-il écrit.
M. Nielsen critique depuis longtemps la rhétorique de Trump sur le Groenland, écrivant déjà en janvier que l’île n’était “pas à vendre”. “Le Groenland ne veut pas être la propriété des États-Unis. Le Groenland ne veut pas être gouverné par les États-Unis. Le Groenland ne veut pas faire partie des États-Unis”, a-t-il affirmé.
Bien que Trump évoque régulièrement la possibilité d’acquérir le Groenland, aucun plan militaire formel visant à prendre le territoire n’a été annoncé. (...)
(©Newsweek 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Picture : picture alliance / NurPhoto | Kristian Tuxen Ladegaard Berg)
