The Press Junction.
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12 mai 2026

Nouvelles règles de l'UE sur la traçabilité du poisson : quels impacts pour les entreprises et les consommateurs?

©Sebastian Pena Lambarri via Unsplash

À partir de 2026, la traçabilité des produits de la pêche et de l’aquaculture dans l’Union européenne devient entièrement numérique. Cette nouveauté est prévue par le règlement (UE) 2023/2842, qui réforme en profondeur le système européen de contrôle de la pêche en modifiant l’ancien règlement (CE) n° 1224/2009.

En réalité, les nouvelles règles sont officiellement entrées en vigueur dès janvier 2024, mais les principales dispositions s'appliquent à partir du 10 janvier 2026, date qui marque le démarrage opérationnel du nouveau système numérique.

Le nouveau règlement européen

Au coeur de la réforme se trouve l’obligation d’enregistrer et de transmettre exclusivement sous format électronique toutes les informations relatives aux produits de la pêche tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Il ne s’agit pas d’un simple passage du papier au numérique, mais d’un système structuré qui permet de suivre le produit depuis sa capture ou son élevage jusqu’à la vente au détail.

Chaque étape – du débarquement au transport, de la distribution à la commercialisation – doit être accompagnée de données standardisées, interopérables et vérifiables par les autorités compétentes. L’objectif est de rendre les contrôles plus rapides et plus efficaces et de réduire les risques de falsification des documents.

À compter du 10 janvier 2026, l’obligation couvrira le poisson frais, le poisson surgelé et les produits de l’aquaculture non transformés. Dans cette première phase, la réforme vise donc les produits sous leur forme d’origine, sans transformations industrielles altérant leur nature.

Concrètement, cela signifie que l’ensemble de la chaine d'approvisionnement du poisson vendu frais ou surgelé devra faire l'objet d'une traçabilité numérique à chaque transaction commerciale.

À partir du 10 janvier 2029, le système sera étendu aux produits transformés. Cette deuxième phase couvrira les conserves de produits de la mer, les préparations à base de poisson, de crustacés et de mollusques transformés, ainsi que les algues marines.

Il s’agit d’une étape importante, car une part significative de la consommation européenne concerne précisément les produits transformés, comme le thon en boîte ou les plats cuisinés à base de poisson.

Pourquoi la traçabilité numérique

La réforme répond à la nécessité de renforcer la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. La numérisation des données permet de croiser les informations bien plus rapidement entre les États membres et rend plus difficile l’introduction sur le marché européen de produits issus d’activités illégales.

Le système vise également à réduire les fraudes commerciales, comme la substitution d’espèces ou la fausse indication de l’origine géographique. Une traçabilité structurée et numérique facilite la reconstitution du parcours réel du produit et la vérification de sa cohérence.

Ce qui change pour les consommateurs

Pour les acheteurs de poisson, le changement ne sera pas immédiatement visible sur l’étiquette, car les informations obligatoires sur l’espèce, la zone de capture et la méthode de production étaient déjà prévues par la réglementation européenne.

La différence essentielle tient toutefois à la fiabilité du système. Les données ne reposeront plus uniquement sur des documents papier ou sur des déclarations difficiles à contrôler, mais sur des enregistrements numériques vérifiables tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Cela devrait réduire le risque de fraude et renforcer la confiance dans les contrôles officiels.

L’impact sur les entreprises 

Pour les acteurs du secteur, l’impact est plus significatif. Les entreprises doivent adapter leurs systèmes informatiques, garantir l’enregistrement électronique des données et assurer la transmission des informations selon des normes communes.

Il s’agit d’un changement structurel qui implique des investissements technologiques et organisationnels, mais qui vise à harmoniser les règles dans toute l’Union européenne, en dépassant les différences nationales qui, par le passé, pouvaient créer des zones d'ombre lors des contrôles.

Selon les intentations du législateur européen, cette évolution doit permettre de renforcer la légalité, la durabilité et la protection des consommateurs dans un secteur qui, ces dernières années, a été au centre de nombreuses préoccupations environnementales et commerciales.

Source : Règlement (UE) 2023/2842

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