The Press Junction.
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12 mai 2026

"N’utilisez pas votre téléphone plus de 2 heures par jour" : l’arrêté de cette ville japonaise fait débat

©Jezael Melgoza via Unsplash

Au Japon, la ville de Toyoake, dans la préfecture d’Aichi, a décidé de s’attaquer à un problème de plus en plus préoccupant : la dépendance aux smartphones. La municipalité a adopté une ordonnance invitant les habitants à ne pas dépasser deux heures d’utilisation quotidienne de leurs appareils numériques sur leur temps libre, avec pour objectif principal de préserver le sommeil et le bien-être physique et psychologique.

Cette initiative n’a rien de coercitif : il ne s’agit ni d’une interdiction, ni d’une règle assortie de sanctions. L’objectif est d’inciter les familles et les individus à réfléchir à leur rapport à la technologie et à fixer des règles partagées pour un usage équilibré des smartphones.

Des recommandations ciblées pour les plus jeunes

Une attention particulière est portée aux plus jeunes : selon les lignes directrices, les élèves de l’école primaire devraient éteindre leurs appareils après 21 heures, tandis que les collégiens et lycéens devraient le faire après 22 heures. Cette mesure, purement indicative, découle de considérations sanitaires plus que technologiques : réduire le temps passé devant les écrans, c’est garantir un sommeil suffisant, essentiel au développement psychophysique et à la qualité de vie au quotidien.

La mairie souligne que le smartphone n’est pas un ennemi : c’est un outil indispensable, mais qui doit être utilisé avec discernement. L’ordonnance vise donc à ramener l’usage des appareils numériques dans un cadre équilibré et sain, en évitant les excès susceptibles de perturber la santé et l’organisation de la vie familiale.

Un pays hyperconnecté aux prises avec les risques du numérique

La mesure prise par Toyoake s’inscrit dans un contexte paradoxal : le Japon est perçu comme un laboratoire technologique, mais l’adoption massive des smartphones se heurte à une difficulté de gestion de leurs effets sociaux. Une étude réalisée en 2024 par le Mobile Society Research Institute de NTT Docomo montre que 97 % des habitants possèdent au moins un smartphone, et que parmi les moins de vingt ans, de nombreuses jeunes filles utilisent leur appareil plus de six heures par jour.

Ce n’est pas tant la présence du smartphone qui inquiète, mais plutôt la normalisation d’un usage intensif pouvant entraîner des troubles du sommeil, un isolement social et une baisse des performances scolaires. Parmi les effets les plus visibles, selon des études du ministère de la Santé, figurent des cas de cyberdépendance aux jeux vidéo ("gaming disorder"), des conflits familiaux et des situations de retrait social, qui exigent une vigilance accrue de la part des familles comme des institutions.

Vers un équilibre numérique plus conscient

L’ordonnance de Toyoake représente donc une tentative de réguler l’hyperconnexion sans pour autant criminaliser la technologie. Il s’agit plutôt de favoriser une prise de conscience, d’éduquer à un usage mesuré et de protéger les publics les plus vulnérables. Un enjeu qui, dans un pays où la technologie est omniprésente, revêt aussi une forte dimension culturelle : rappeler que le numérique doit être au service de la vie, et non l’inverse.

Source : Ville de Toyoake

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