The Press Junction.
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12 mai 2026

Pourparlers États-Unis–Iran : signe d'apaisement pour le Moyen Orient

©PA

L’Iran a qualifié de "très bon début" le premier cycle de discussions officielles tenu avec les États-Unis depuis les échanges de missiles de l’été dernier.

Les deux pays ont mené vendredi des pourparlers indirects par l’intermédiaire d’un médiateur, le sultanat d’Oman, sur fond d’inquiétudes croissantes quant à d’éventuelles frappes américaines contre l’Iran en réponse à la sanglante répression menée récemment par Téhéran contre les manifestants.

Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans le Golfe ces dernières semaines, déployant navires de guerre et avions de combat au large des côtes iraniennes après que Trump a exhorté les Iraniens à poursuivre les manifestations – en dépit des massacres – en assurant que l’aide américaine était en route.

Cette montée en puissance militaire avait alimenté une escalade verbale et des menaces de part et d’autre. Les pourparlers de vendredi ont été facilités par le Qatar, la Turquie et d’autres puissances régionales inquiètes de voir les tensions dégénérer en conflit ouvert.

L’émissaire spécial du président Donald Trump, Steve Witkoff, et Jared Kushner, le gendre du président, se sont rendus à Mascate, la capitale omanaise, pour transmettre, par l’entremise du ministre des Affaires étrangères du sultanat, des messages à la délégation iranienne conduite par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

La dernière fois que les États-Unis et l’Iran devaient tenir des négociations formelles sur le programme nucléaire iranien remontait à juin 2025. Ces pourparlers avaient toutefois été torpillés par le lancement par Israël d’une campagne de bombardements de douze jours contre l’Iran.

Les États-Unis avaient rejoint la campagne dans sa phase finale, en menant des frappes contre les sites nucléaires iraniens. Téhéran affirme avoir interrompu depuis lors ses activités d’enrichissement d’uranium.

Trump avait de nouveau averti qu’il lancerait des frappes si l’Iran refusait de revenir à la table des négociations pour conclure un accord sur son programme nucléaire. Son administration avait également indiqué vouloir élargir les discussions à la limitation de l’arsenal balistique iranien et au traitement réservé par le régime à sa population. Les autorités ont reconnu que des milliers de personnes avaient été tuées lors des manifestations du mois dernier.

Téhéran avait insisté pour que les pourparlers n’incluent pas de négociations sur ses missiles balistiques, qualifiant ce dossier de "ligne rouge".

Araghchi a déclaré, à l’issue des discussions de vendredi, que les échanges avaient été positifs et s’étaient concentrés "exclusivement" sur la question nucléaire. "Nous n’avons abordé aucun autre sujet avec les Américains."

Il a ajouté que les pourparlers devaient se poursuivre à une date ultérieure non précisée.

L’Iran affirme que son programme nucléaire poursuit des objectifs exclusivement civils, tandis que les pays occidentaux l’accusent de chercher à se doter de l’arme atomique.

L’Iran réclame également la levée des sanctions rétablies après que Trump, lors de son premier mandat, a dénoncé l’accord nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et les puissances européennes.

Ces sanctions ont contribué à l’effondrement de l’économie iranienne, qui a déclenché un mouvement de contestation à l’échelle nationale au tournant de l’année. Depuis les frappes israéliennes et américaines de juin contre l’Iran, la monnaie locale, le rial, a perdu plus de 40 % de sa valeur.

 

 

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