L'Antelope Reef, comme le reste des îles Paracels, est revendiquée par le Vietnam et Taïwan, ainsi que par la Chine.
Les satellites ont révélé une vague de nouvelles activités de remblayage sur un récif contesté dans les îles Paracels, archipel situé en mer de Chine méridionale, suggérant que la Chine est en train d’y développer une base avancée.
Un projet qui réveille les tensions
La Chine revendique la souveraineté sur plus de 80 % de la mer de Chine méridionale, une voie navigable stratégique qui sert de passage à près d'un tiers du commerce maritime mondial. Cela inclut les Paracels, où les revendications de Pékin se chevauchent avec celles de Taïwan et du Vietnam.
Depuis 2013, la Chine a mené des travaux de remblayage à une échelle sans précédent, construisant 20 avant-postes dans les îles Paracels et sept dans les îles Spratly (ou Spratleys) au sud, dont certains sont militarisés. Un projet colossal qui contribue aux tensions régionales et cause d’importants dégâts sur les écosystèmes marins.
Ce qu'il faut savoir
Les images des satellites Sentinel-2 de l'Agence spatiale européenne révèlent que de nouveaux travaux de dragage ont commencé après le 15 octobre à Antelope Reef, connu sous le nom de “Linyang Jiao” en chinois et de “Da Hai Sam” en vietnamien. Antelope Reef est une formation corallienne submergée située dans l'ouest des Paracels, à environ 250 miles (402 km) à l'est de la ville vietnamienne de Hue et à environ 175 miles (282 km) au sud-est de la base navale chinoise de Sanya, dans la province de Hainan.
Les travaux font suite à de récentes transformations de récifs en îles artificielles chinoises. Il s'agit notamment de nouveaux réseaux d'antennes et d'unités ressemblant à des systèmes mobiles de guerre électronique sur les trois îles entièrement militarisées de la Chine dans les Spratleys. Selon une analyse satellite réalisée en décembre par l'Asia Maritime Transparency Initiative (AMTI), un projet du Center for Strategic and International Studies (CSIS), ces améliorations reflètent la poursuite des investissements stratégiques dans la région.
Dans le même temps, le Vietnam a considérablement intensifié ses propres travaux de remise en état des éléments maritimes dans les Spratleys sous son contrôle, suscitant de vives protestations de la part de Pékin. A savoir que la Chine contrôle les îles Paracels depuis qu'elle s'en est emparée en 1974, lors d'une bataille navale contre le Sud-Vietnam.
Ce qu'en dit l’Asia Maritime Transparency Initiative
Selon l'AMTI, “Ces améliorations soulignent le fait que l'une des principales fonctions des bases chinoises est d'assurer une couverture ISR [renseignement, surveillance et reconnaissance] inégalée de la mer de Chine méridionale, afin de soutenir les opérations des garde-côtes et de la marine chinoise en temps de paix et de permettre à Pékin de contester l'utilisation du spectre électromagnétique par d'autres en cas de conflit.”
Et par la suite ?
Si le différend sur les Paracels, ainsi que l'annonce unilatérale par la Chine de nouvelles limites territoriales dans le golfe du Tonkin, ont déjà suscité de vives critiques de la part de Hanoï par le passé, le Vietnam limite actuellement ses protestations afin de maintenir des relations diplomatiques stables avec son puissant voisin et partenaire commercial.
(©Newsweek 2026/Managin editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Pic : Unsplash)
