The Press Junction.
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12 mai 2026

Quel rôle ont joué les États‑Unis dans la mort d’un baron d'un cartel mexicain?

©PA

Le mois dernier, les États‑Unis ont mis en place une nouvelle task force chargée du partage de renseignements pour lutter contre les cartels opérant depuis le Mexique.

Les États-Unis ont fourni un "soutien en matière de renseignement" aux autorités mexicaines lors de l’opération qui a coûté la vie à l’un des barons de la drogue les plus recherchés au monde, a indiqué la Maison-Blanche.

Les forces de sécurité mexicaines ont tué Nemesio Oseguera Cervantes, connu sous le nom d’El Mencho, dans la ville de Talpalpa, lors d’une opération qui visait à capturer le baron de la drogue, ont déclaré dimanche les autorités mexicaines.

Cervantes dirigeait le puissant et redouté cartel de Jalisco Nouvelle Génération dans l’État de Jalisco, dans le centre-ouest du pays. Trois autres membres du cartel ont été tués sur place et trois autres sont morts pendant leur transfert vers Mexico pour y recevoir des soins d’urgence, ont précisé les responsables. Deux autres membres présumés du cartel ont été arrêtés et trois militaires ont été blessés.

La mort du chef de cartel a déclenché des violences dans plusieurs États mexicains, avec des véhicules incendiés et des partisans armés de Cervantes dans les rues. Des vidéos largement relayées en ligne montraient d’épaisses colonnes de fumée au-dessus de la ville côtière de Puerto Vallarta, dans l’État de Jalisco, tandis que le cabinet de sécurité mexicain indiquait qu’une vingtaine de banques avaient été endommagées lors d’affrontements, et que des barrages routiers étaient encore en cours de dégagement.

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a appelé au calme et assuré que la vie quotidienne se poursuivait normalement dans de nombreuses régions du pays.

El Mencho figurait depuis longtemps dans le viseur de Washington. La Drug Enforcement Administration (DEA) avait offert une récompense pouvant aller jusqu’à 15 millions de dollars pour toute information conduisant à son arrestation.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, avait qualifié Cervantes de "cible prioritaire" pour les gouvernements mexicain et américain, et affirmé qu’il était responsable du trafic de fentanyl vers les États-Unis.

Le président Donald Trump et son administration ont promis de s’attaquer aux flux de drogue vers les États-Unis, tuant au moins 148 personnes lors de frappes visant des embarcations de narcos présumés dans le Pacifique et les Caraïbes depuis septembre. Cette campagne, que l’administration juge légale, a rapidement été critiquée pour son incapacité à viser les principales routes du fentanyl vers les États-Unis.

Le fentanyl parvient majoritairement aux États-Unis en provenance de Chine et d’Inde en passant par la frontière mexicaine, plutôt que par l’Amérique du Sud. La Maison-Blanche a désigné ce cartel comme organisation terroriste étrangère l’an dernier, offrant ainsi à Washington davantage d’options pour cibler le cartel.

Peu de temps après la capture par les forces américaines de l’ancien dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro et son transfert à New York pour y répondre d’accusations de narco‑terrorisme en janvier, Trump avait affirmé que les cartels "contrôlaient le Mexique" et suggéré que les États-Unis allaient "commencer à frapper sur le terrain" en ce qui concerne les cartels.

La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a indiqué que les États-Unis avaient soutenu l’opération mexicaine en fournissant des renseignements, sans plus de détails. Le ministère mexicain de la Défense a précisé qu’il avait reçu des informations des autorités américaines dans le cadre d’accords bilatéraux entre les deux pays.

Une task force conjointe américano-mexicaine, qui collabore fréquemment avec l’armée mexicaine, a participé à l’opération de dimanche, ont rapporté des médias américains citant des responsables de la défense sous couvert d’anonymat.

Cette task force est principalement chargée du partage de renseignements pour lutter contre les cartels qui opèrent de part et d’autre de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, a indiqué le gouvernement américain.

Les États-Unis ont une longue tradition d’échanges de renseignements avec les pays d’Amérique latine engagés dans la lutte contre les réseaux de drogue, notamment le Mexique. La coopération en matière de partage d’informations entre Washington et Mexico remonte à plusieurs décennies, et les experts soulignent l’existence de nombreux accords institutionnels, de procédures standardisées et de relations personnelles entre hauts responsables des deux côtés de la frontière.

 

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