©Ouael Ben Salah via Unsplash
Les eaux usées ne mentent pas. À la station d’épuration de Nosedo, en périphérie sud‑est de Milan, se dessine chaque année un portrait fidèle des habitudes de consommation des citoyens (alimentation, tabac et drogues inclus).
Depuis 2011, une semaine type est analysée par le laboratoire de l’Institut de recherches pharmacologiques Mario Negri, qui surveille six des stupéfiants les plus répandus. Les données sont ensuite intégrées à la carte interactive européenne du projet “Wastewater analysis and drugs”, coordonné par le groupe SAGE en collaboration avec l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (European Union Drugs Agency).
Cocaïne : une tendance à la hausse, avec un pic le samedi
Milan enregistre 424 milligrammes de cocaïne par jour pour mille habitants, un chiffre en augmentation pour la troisième année consécutive. La tendance s’aligne sur celle d’autres métropoles d’Europe occidentale et méridionale, de Barcelone à Athènes. L’analyse quotidienne met en évidence un pic net le week‑end, un schéma observé dans 75 % des villes participant à l’étude.
Kétamine : un usage principalement récréatif
La kétamine est, elle aussi, en hausse, passant de 24,92 microgrammes par jour pour mille habitants en 2024 à 26,8 en 2025. La concentration maximale est relevée le samedi, un chiffre qui exclut tout lien avec l’activité hospitalière et indique un usage avant tout non thérapeutique. Milan reste toutefois loin des niveaux observés en Belgique, en Allemagne et aux Pays‑Bas.
MDMA en hausse, cannabis en baisse
La MDMA poursuit sa remontée amorcée dans la période post‑Covid — Amsterdam confirmant son statut de capitale européenne de cette substance. Le cannabis, à l’inverse, affiche un recul après des années de stabilité relative, avec des consommations réparties de manière uniforme sur l’ensemble de la semaine, sans pic le week‑end. Les données concernant l’amphétamine et la métamphétamine restent stables et modérées, ces substances étant moins répandues à Milan que dans le nord de l’Europe.
La méthodologie
Les prélèvements sont effectués lors de semaines "normales", en dehors d’événements exceptionnels et de périodes de fortes précipitations — qui dilueraient les concentrations dans les eaux. Sara Castiglioni, responsable du laboratoire d’Indicateurs épidémiologiques environnementaux de l’Institut Mario Negri, souligne que ces données doivent être croisées avec des informations médicales, toxicologiques et cliniques. Elles doivent également être complétées par les systèmes d’alerte précoce sur les nouvelles substances, afin d’obtenir un portrait réellement exhaustif du phénomène.
Source : Institut Mario Negri
(©GreenMe.it 2026/Managing editor : Mathias Lambry - The Press Junction/Picture : Ouael Ben Salah via Unsplash)
