The Press Junction.
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12 mai 2026

Requins drogués aux Bahamas : près de 30 spécimens testés positifs à la cocaïne, à la caféine et aux médicaments

©Ricky Beron via Unsplash

Dans les eaux cristallines des Bahamas, paradis naturel et symbole de biodiversité, une découverte inquiétante vient assombrir le tableau : des traces de cocaïne, de caféine et d’analgésiques ont été retrouvées dans le sang de plusieurs requins sauvages. L’étude, publiée dans Environmental Pollution et coordonnée par la biologiste brésilienne Natascha Wosnick, a analysé 85 spécimens capturés près de l’île d’Eleuthera, révélant un phénomène jusqu’alors jamais documenté à l’échelle mondiale pour ces espèces.

Il ne s’agit pas de comportements inhabituels de la part de ces animaux, mais bien de l’effet de contaminants marins issus des activités humaines : résidus de médicaments et substances chimiques dispersés en mer ou transportés par les courants finissent par être ingérés par les prédateurs, avec de possibles conséquences sur leur santé et sur le fragile équilibre des écosystèmes.

Un cocktail de substances chimiques

Les résultats démontrent que pas moins de 28 requins – dont le requin-nourrice, le requin de récif des Caraïbes et le requin-citron – ont ingéré de la caféine, du diclofénac, du paracétamol et, dans un cas précis, de la cocaïne. La caféine s’est révélée être la substance la plus répandue, suivie par les médicaments usuels, tandis que l’épisode le plus frappant concerne un jeune requin-citron qui serait probablement entré en contact avec des résidus de drogue via des sachets abandonnés en mer.

Selon les chercheurs, les requins ont tendance à mordre des objets et peuvent ainsi absorber des composés chimiques directement à partir de l’eau. Cette pollution invisible, même à très faibles concentrations, peut modifier certains paramètres métaboliques, provoquer du stress et influencer le comportement, avec des effets potentiels à long terme sur la chaîne alimentaire marine.

L’impact humain sur les écosystèmes marins

Les analyses mettent clairement en évidence la responsabilité humaine. Les rejets urbains, les eaux usées et la dispersion de médicaments contribuent à la présence de substances chimiques dans des mers pourtant réputées parmi les plus “propres”. Même dans des environnements en apparence intacts, comme celui des Bahamas, la pollution d’origine anthropique se manifeste de façon silencieuse mais significative, mettant en péril des espèces prédatrices au sommet de la chaîne et la biodiversité locale.

L’alerte lancée par les scientifiques ne concerne pas seulement la santé des requins, mais l’ensemble de l’équilibre marin. Chaque contaminant, aussi infime soit-il, peut se propager le long de la chaîne alimentaire, avec d’éventuels effets en cascade sur d’autres espèces et sur les écosystèmes. Le message est clair : même les mers les plus éloignées des centres urbains ne sont pas à l’abri des conséquences de l’activité humaine.

Un signal d’alarme à l’échelle mondiale

L’étude menée aux Bahamas devient ainsi le symbole d’un phénomène bien plus vaste : celui de la diffusion invisible de substances chimiques dans les mers du globe. La présence de cocaïne, de caféine et de médicaments chez les requins est un indicateur de la pression croissante que l’être humain exerce sur les milieux naturels. Le défi consiste désormais à comprendre comment réduire ces impacts et protéger les prédateurs clés ainsi que les habitats marins dans un monde toujours plus interconnecté et vulnérable.

Source : Environmental Pollution

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