The Press Junction.
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12 mai 2026

Tim Sweeney, créateur du jeu vidéo Fortnite, a acheté plus de 20 000 hectares de forêts pour les sauver du béton

©Emily Wade via Unsplash

Tandis que des millions de joueurs abattent des arbres virtuels sur Fortnite, Tim Sweeney, le fondateur d’Epic Games, fait exactement l’inverse dans la vie réelle. Depuis plus de quinze ans, il achète des terres aux États-Unis avec un objectif clair : empêcher le développement immobilier et préserver les écosystèmes.

Sa "collection" de zones naturelles a désormais dépassé les 20 000 hectares de forêts, principalement concentrés en Caroline du Nord, répartis dans plusieurs comtés et considérés comme l’une des plus vastes propriétés privées dédiées à la conservation. Il ne s’agit pas de terrains laissés en friche, mais d'espaces soumis à des obligations de protection de l’environnement, souvent rendus intouchables grâce à des accords juridiques permanents.

Dons pour protéger la nature

La stratégie de Tim Sweeney ne se limite pas aux achats. Dans de nombreux cas, les terrains sont donnés à des organismes publics ou à des associations environnementales ou cédés à prix réduit pour être transformés en réserves naturelles. Certains ont été confiés au U.S. Fish and Wildlife Service ou à la Southern Appalachian Highlands Conservancy, contribuant ainsi à la protection d’habitats riches en biodiversité.

Un exemple emblématique ? La donation de plusieurs milliers d’hectares dans les Roan Highlands, l’une des zones les plus précieuses sur le plan écologique dans les Appalaches. Dans d’autres cas, les terres restent officiellement privées mais sont soumises à des servitudes permanentes, des clauses qui interdisent toute construction future, quel que soit le propriétaire.

Des polémiques qui ne manquent pas d’émerger

Malgré l’impact positif sur l’environnement, les choix de Sweeney ont suscité le débat. D’un côté, certains y voient un rare exemple de capitalisme orienté vers la durabilité, loin des yachts et des villas de luxe. De l’autre, des observateurs estiment que ces opérations pourraient offrir d’importants avantages fiscaux, faisant de la conservation une stratégie économiquement très avantageuse.

La vérité, comme souvent, se situe probablement entre les deux. Les opérations sont gérées via une société dédiée et s’inscrivent dans une planification de long terme, ce qui évoque un projet structuré plutôt qu’un simple geste impulsif. Sweeney lui-même a expliqué que son objectif est de rendre la protection de ces zones permanente, dans un contexte de hausse du coût foncier. La priorité s’est déplacée de l’acquisition vers la préservation définitive de blocs de territoire déjà achetés.

Quelles qu’en soient les motivations, le résultat est concret : des milliers d’hectares soustraits à la spéculation immobilière et rendus à la nature. À une époque où l’artificialisation des sols ne cesse de progresser, même une opération controversée peut avoir des effets tangibles. 

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