The Press Junction.
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12 mai 2026

Trump adresse un sévère avertissement à l’Iran

©PA

Washington affirme que la Maison-Blanche veut conclure un accord avec l’Iran, tout en laissant planer la menace d’une action militaire en cas d’échec des négociations.

Le président Donald Trump a déclaré qu’il serait "indirectement" impliqué dans les prochaines discussions décisives avec l’Iran sur son programme nucléaire, mettant en garde Téhéran contre "les conséquences de l’absence d’accord".

L’administration Trump a indiqué que le président privilégiait la négociation avec Téhéran au sujet de son développement nucléaire, mais les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire au Moyen-Orient tout en menaçant de recourir à la force si les deux parties ne parvenaient pas à s’entendre sur les termes d’un accord.

Trump a dit à des journalistes à bord d’Air Force One qu’il pensait que l’Iran était disposé à parvenir à un accord avec les États-Unis, qualifiant les nouvelles négociations qui s’ouvrent ce mardi à Genève de "très importantes".

De son côté, l’Iran a indiqué qu’il demanderait un allègement des sanctions. Le ministère iranien des Affaires étrangères a également fait savoir que la position américaine sur un accord nucléaire était devenue "plus réaliste".

Trump a accentué la pression sur les dirigeants religieux iraniens plus tôt cette année en menaçant d’une intervention américaine face à une répression brutale des vastes manifestations qui ont agité le pays fin décembre et début janvier.

"Je ne pense pas qu’ils souhaitent affronter les conséquences d’un non‑accord", a déclaré Trump lundi.

"Nous aurions pu conclure un accord au lieu d’envoyer les B‑2 pour anéantir leur potentiel nucléaire. Et nous avons dû envoyer les B‑2", a-t-il ajouté, en référence aux frappes américaines de l’été dernier, qui ont soutenu la guerre de 12 jours livrée par Israël contre l’Iran.

Plus de 125 appareils, dont sept bombardiers furtifs B‑2 américains armés de bombes anti‑bunker de 30 000 livres, ont pris part aux frappes américaines contre trois sites nucléaires iraniens en juin dernier.

Le gouvernement américain avait alors affirmé que cette opération, qui a mis fin à une brève guerre entre Israël et l’Iran, avait "anéanti" les installations — même si certains observateurs avaient mis en doute l’étendue des dégâts sur les sites iraniens enfouis en profondeur. Téhéran avait ensuite riposté en visant la base aérienne américaine d’Al Udeid, au Qatar. Aucun membre du personnel américain n’avait été blessé.

Alors que les discussions débutaient ce mardi à Genève, l’Iran a fermé une partie du détroit d’Ormuz pour y mener des exercices navals. Ce détroit, couloir maritime stratégique entre l’Iran et Oman, est vital pour les exportations pétrolières mondiales. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique y avait déjà organisé des manœuvres lundi.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a également prononcé un discours public mardi, au cours duquel il a directement menacé les navires de guerre américains au large des côtes iraniennes. Trump a dépêché dans le Golfe les deux plus grands porte‑avions américains, présentés comme une véritable "armada".

"Le président américain répète sans cesse que leur armée est la plus puissante au monde", a déclaré Khamenei, cité par les médias iraniens. "La plus puissante armée du monde peut toutefois être frappée si durement qu’elle est parfois incapable de se relever."

"Un porte‑avions est certes un équipement dangereux », a poursuivi Khamenei. « Mais plus dangereux encore que le porte‑avions est l’arme capable de l’envoyer par le fond. »

L’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, ainsi que le gendre du président, Jared Kushner, devraient représenter les États‑Unis en Suisse.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré lundi le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le gendarme nucléaire de l’ONU, et déclaré qu’il abordait les discussions de Genève "avec des propositions concrètes pour parvenir à un accord juste et équitable".

"Ce qui n’est pas sur la table : la capitulation face aux menaces", a martelé Araghchi. Le vice‑ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht‑Ravanchi, avait estimé que la balle était "dans le camp de l’Amérique, à elle de prouver qu’elle veut conclure un accord", tout en soulignant que Washington devrait assouplir ses sanctions contre l’Iran.

Les États-Unis répètent qu’ils n’accepteront pas que l’Iran ait accès à l’arme nucléaire et ont déjà laissé entendre qu’ils seraient prêts à lever ce que Trump a qualifié de sanctions "mordantes".

L’Iran affirme que son programme nucléaire a toujours été pacifique, mais des experts internationaux estimaient, à la veille des frappes américaines, que le pays disposait de stocks d’uranium hautement enrichi proches du seuil nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire opérationnelle.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a estimé qu’arracher un accord nucléaire serait "très difficile", expliquant que les États-Unis avaient massé des moyens militaires au plus près de l’Iran parce que Téhéran "a démontré la volonté et la capacité de se déchaîner et de frapper la présence américaine dans la région".
 

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