The Press Junction.
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12 mai 2026

Donald Trump : son avertissement sévère à l'Europe avant le 4 juillet

©picture alliance / CNP/AdMedia | CNP/AdMedia

Donald Trump a annoncé la semaine dernière son intention d'augmenter les droits de douane de 15 à 25 % sur les voitures et les camions fabriqués dans l'Union européenne. Une annonce fracassante de la part du président américain, qui n'a toutefois pas encore pris effet. 

La médiation et une bonne conversation avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont incité Donald Trump à temporiser et accorder un sursis.

Le président américain estime que l'UE ne respecte pas l'accord commercial de juillet 2025 dans lequel les États-Unis ont réduit à 15 % les droits de douane sur la plupart des produits de l'UE, y compris les voitures, en échange d'engagements de l'UE tels que la suppression des droits de douane sur les produits industriels américains. Par conséquent, le président républicain a déclaré qu'au lieu des 15 % précédents, les véhicules européens devront s'acquitter de 25 % de taxes d'importation.

M. Trump a annoncé cette forte hausse sur sa plateformeTruth Social. Mais le pire a été évité pour l'instant. L'accord de 2025 sur lequel le locataire de la Maison-Blanche s'appuie fait suite à des menaces antérieures de droits de douane de 25 à 30 %, accord qui a été complexifié par une décision de la Cour suprême des États-Unis en février 2026. Celle-ci a bloqué certains "tarifs réciproques" mais autorise les droits de douane sur l'importation d'automobile en vertu d'une autre base légale. Donald Trump a souligné que cette mesure encourageait la production américaine et ne s'appliquait pas aux voitures européennes fabriquées aux États-Unis. En attendant, l'inertie des institutions européennes agace profondément le président américain.

Le Parlement européen vote en faveur d'une réduction des droits de douane

L'accord commercial entre l'UE et les États-Unis, connu sous le nom d'accord de Turnberry de juillet 2025, n'a toujours pas été mis en œuvre. Le Parlement européen a voté fin mars 2026 deux projets de loi pour l'application de baisses tarifaires sur les produits industriels et agricoles américains. L'Europe a donc voté en faveur de cette réduction. Mais malgré ce feu vert, l'accord n'est pas encore définitif, les États membres et les États-Unis doivent encore ratifier des accords supplémentaires. Le président américain estime que cela ressemble à un manquement aux obligations, l'UE n'ayant pas encore totalement réduit ses tarifs à zéro. 

"Donald Trump doit se montrer plus patient"

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rejeté les accusations de M. Trump, affirmant que l'UE était "prête à faire face à n'importe quel scénario". Elle s'en tient à l'accord et souligne que sa mise en œuvre en est à sa phase finale. Les constructeurs automobiles européens, en particulier les entreprises allemandes, ont déjà vu leurs actions chuter face à la menace américaine.

Le 4 mai 2026, Ursula von der Leyen a déclaré qu'"un accord est un accord" et que l'UE respecte ses engagements, tandis que les États-Unis doivent encore remplir les leurs, notamment sur l'ajustement des tarifs de l'acier et l'aluminium. Elle a souligné que l'UE était prête à réagir, mais qu'elle privilégiait le dialogue et le respect des procédures démocratiques.

La conversation avec Mme von der Leyen permet d'obtenir un délais

Après un entretien téléphonique fructueux avec Ursula von der Leyen jeudi soir, le président américain a reporté au 4 juillet sa menace de droits de douane "beaucoup plus élevés". Ursula von der Leyen a salué les "bons progrès" accomplis dans la mise en œuvre de cette mesure. 

"J'attends patiemment que l'UE honore sa part de l'accord commercial historique que nous avons conclu à Turnberry, en Écosse, le plus gros accord commercial de l'histoire !", a écrit Donald Trump sur ses réseaux sociaux.

Le président américain a par ailleurs fait référence à la fête de l'indépendance des États-Unis, connue sous le nom de "Fourth of July", et a insisté : "J'ai accepté de donner du temps à l'UE jusqu'au 250e anniversaire de notre pays, faute de quoi leurs droits de douane passeraient malheureusement et immédiatement à des niveaux beaucoup plus élevés"

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