Un gigantesque requin du Groenland filmé pour la première fois dans les profondeurs de l’Antarctique
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Une rencontre étonnante a captivé l’attention des scientifiques : un requin du Groenland a été filmé pour la première fois dans des profondeurs proches du point de congélation, au large des îles Shetland du Sud, dans l’océan Austral. L’animal, long de 3 à 4 mètres, se déplaçait lentement sur le fond marin, un lieu où la lumière du soleil ne parvient jamais.
Cette découverte remet en cause l’idée reçue selon laquelle les requins ne fréquentent pas ces eaux aux conditions extrêmes.
Les images, capturées par une caméra du Minderoo-UWA Deep-Sea Research Centre, montrent le requin nageant prudemment au milieu de couches d’eau stratifiées, à environ 490 mètres de profondeur. La température n’était que de 1,27 °C (34,3 °F), un niveau proche du point de congélation. À côté du requin, une raie repose immobile sur le fond marin, apparemment indifférente au passage du prédateur, rappelant que certaines espèces possèdent déjà des adaptations pour vivre à ces latitudes extrêmes.
Le fondateur du centre, Alan Jamieson, a souligné qu’ils ne s’attendaient pas à trouver un requin de cette taille. L’épisode a été qualifié par les spécialistes de moment "historique" pour la recherche marine, puisqu’il n’existe jusqu’à présent aucun enregistrement documenté de requins aussi loin au sud. Le biologiste de la conservation, Peter Kyne, a également confirmé qu’il s’agissait du premier enregistrement officiel d’un requin dans l’océan Austral à cette latitude.
Pistes d’explications et implications
Selon l'hypothèse des experts, le changement climatique et le réchauffement des océans pourraient pousser certaines espèces de requins vers des eaux plus froides de l’hémisphère Sud, même si les données restent limitées en raison de l’isolement de l’Antarctique. Alan Jamieson suggère que ces requins pourraient y être présents depuis longtemps, sans avoir jamais été observés. Leur mode de vie au ralenti et leur présence à une telle profondeur, difficile d’accès pour les chercheurs, rendent leur détection exceptionnelle.
Le requin photographié évoluait à environ 500 mètres, là où des couches d’eau légèrement plus chaudes créent un environnement relativement stable par rapport aux eaux de surface et à celles plus profondes. Les requins du Groenland pourraient se nourrir principalement de carcasses de baleines, de calmars géants et d’autres animaux marins qui sombrent jusqu’au fond des mers, jouant ainsi un rôle clé dans l’écosystème antarctique.
Cette découverte met en lumière à quel point l’océan Austral reste méconnu. Avec des caméras opérationnelles uniquement durant les mois d’été, de nombreux mystères demeurent enfouis le reste de l’année. Les requins du Groenland ne représentent pas seulement un phénomène biologique fascinant, mais aussi une fenêtre ouverte sur la dynamique des écosystèmes les plus extrêmes de la planète, prêts à livrer de nouveaux secrets du monde sous-marin.
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