Le nombre de pays dotés d'armes nucléaires pourrait bientôt augmenter, selon l'ancien président russe Dmitri Medvedev, qui a mis en garde contre les conséquences de la prolifération nucléaire si le traité New START, limitant les armes nucléaires, venait à expirer le mois prochain.
Dans une récente interview, Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe et allié du dirigeant du pays, a indiqué que le président Vladimir Poutine n'avait pas reçu de réponse de la part Washington à sa proposition ; celle de prolonger le nouveau traité START limitant la course à l'armement nucléaire.
Le Traité New START
Signé en 2010, le Traité sur les mesures de réduction et de limitation des armes stratégiques offensives, ou New START, plafonne les armes nucléaires des États-Unis et de la Russie, qui possèdent 90 % des stocks mondiaux. Outre le plafonnement des arsenaux à 1 550 ogives déployées et 700 missiles à longue portée et bombardiers lourds déployés, le traité autorise le partage de données, la surveillance et l'inspection afin de vérifier le respect des dispositions. Il constitue un frein à la course effrénée à l'armement nucléaire.
En février 2023, le président russe Vladimir Poutine annonçait que la Russie suspendrait sa participation au nouveau traité START en raison du soutien apporté par Washington à l'Ukraine (...).
Après le retour au pouvoir du président américain Donald Trump en janvier 2025, le dirigeant russe a appelé Washington à un engagement bilatéral sur le contrôle des armements sans pour autant insister sur la fin de l'aide militaire américaine à l'Ukraine. Les récentes déclarations de Dmitri Medvedev selon lesquelles Moscou souhaiterait prolonger l'accord à la seule condition d’une validation de Donald Trump, interviennent dans un contexte de menaces nucléaires et d'avertissements quant à l'élargissement du "club nucléaire".
Ce qu'il faut savoir
Auprès de Kommersant, Dmitri Medvedev a déclaré que le nouveau traité START avait joué un rôle positif dans la limitation de la course aux armements nucléaires et que la Russie et les États-Unis avaient bien respecté ses principales restrictions.
Selon lui, le principal objectif du traité est de rétablir les liens entre les États-Unis et la Russie, dont les relations sont au plus bas depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. Et d’ajouter que le "Golden Dome" de Donald Trump et ses déclarations sur la reprise des essais nucléaires compliquaient tout dialogue stratégique potentiel entre Moscou et Washington.
Un sondage révélateur
Une sortie qui a lieu alors qu'un sondage YouGov révèle que 91 % des Américains estiment que les États-Unis devraient négocier un nouvel accord avec la Russie afin de maintenir les limites actuelles en matière d'armes nucléaires ou de réduire davantage les arsenaux des deux pays.
Ce sondage, réalisé auprès de 1 000 électeurs inscrits les 8 et 9 janvier, a également mis en lumière que 85 % des personnes ayant voté pour Donald Trump estimaient qu'il devrait accepter la proposition de la Russie et continuer à respecter les limites imposées par le nouveau traité START pendant au moins un an après son expiration.
De son côté, le président américain a indiqué qu'il avait l'intention de négocier un meilleur accord avec la Russie après l'expiration du nouveau START. (...)
Selon Dmitri Medvedev, “On ne peut exclure que certains pays considèrent que l'option la plus optimale est d'acquérir des armes nucléaires. Je pense que le ‘club nucléaire’ continuera de s'agrandir à l'avenir.”
(...)
La Russie attend donc avec impatience une réponse de l'administration Trump avant la date d'expiration du nouveau START, le 5 février. Une attente qui intensifie les tensions liées à la menace nucléaire que représente Moscou, en particulier avec ses récents essais de missiles et ses déclarations envers l'Occident concernant l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie.
(©Newsweek 2026/Managing editor : Sarah Lavigne - The Press Junction/Pic : Andy Cat via Unsplash)
