The Press Junction.
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12 mai 2026

Un simple test sanguin pourrait prédire votre espérance de vie

©National Cancer Institute via Unsplash

Un simple test sanguin pourrait aider à prédire qui est susceptible de vivre plus longtemps, selon de nouvelles recherches.

Une étude, dirigée par Duke Health en collaboration avec l’Université du Minnesota, a révélé que de petites molécules d’ARN, appelées piARN, pouvaient prédire avec précision si les personnes âgées sont susceptibles de survivre au moins deux années supplémentaires.

Avec l’âge, il devient de plus en plus difficile de déterminer qui est bien parti pour vieillir et rester en bonne santé et qui pourrait courir un risque plus élevé de déclin important.

Les chercheurs estiment que leurs travaux, publiés dans la revue Aging Cell, mettent en évidence un potentiel nouvel outil : un test sanguin peu invasif qui permettrait d’identifier plus tôt les risques de survie à court terme et d’aider à orienter les interventions visant à favoriser un vieillissement en bonne santé.

“L’association de seulement quelques piARN s’est avérée être le prédicteur le plus fiable de la survie à deux ans chez les personnes âgées – plus fiable encore que l’âge, les habitudes de vie ou toute autre indicateur de santé examiné”, a déclaré dans un communiqué l’auteure de l’article et professeure à Duke, Virginia Byers Kraus“Ce qui nous a le plus surpris, c’est que ce signal puissant provenait d’une simple analyse de sang.”

Les piARN sont de petites molécules d’ARN jusqu’ici surtout connues pour leur rôle dans la régulation du développement, de la régénération et de la fonction immunitaire. Dans cette étude, l’équipe a mesuré les taux de piARN dans des échantillons sanguins provenant de personnes âgées de 71 ans et plus. Les chercheurs ont découvert que des niveaux plus faibles de certains piARN étaient fortement associés à une plus grande longévité.

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont eu recours à des techniques avancées d’intelligence artificielle causale et d’apprentissage automatique afin d’analyser 187 facteurs cliniques et 828 petits ARN différents dans plus de 1 200 échantillons sanguins.

Les échantillons provenaient d’une vaste cohorte basée en Caroline du Nord, constituée dans le cadre d’une précédente étude pilotée par Duke, les données de survie ayant été confirmées à partir des registres nationaux de mortalité.

La modélisation statistique a révélé qu’un groupe de seulement six piARN permettait de prédire la survie à deux ans avec une précision atteignant 86 %. Ces résultats ont ensuite été validés auprès d’un second groupe indépendant de personnes âgées.

Les participantes et participants ayant vécu le plus longtemps présentaient systématiquement des taux plus faibles de piARN spécifiques, faisant ainsi écho à des schémas déjà observés chez des organismes plus simples, où la réduction de ces molécules a été liée à une plus grande longévité. Selon Mme Kraus, cela suggère que les piARN pourraient jouer un rôle direct dans la durée de vie.

“Nous savons très peu de choses sur les piARN dans le sang, mais ce que nous observons, c’est qu’il est préférable que certains d’entre eux soient présents à des taux plus faibles”, a expliqué la spécialiste. “Lorsqu’ils sont présents en plus grande quantité, cela peut indiquer que quelque chose ne tourne pas rond dans l’organisme.”

Les chercheurs ont également comparé les piARN à des indicateurs de santé plus familiers. Pour prédire la survie à court terme, les piARN se sont révélés plus performants que l’âge, le taux de cholestérol, l’activité physique et plus de 180 autres indicateurs cliniques. Bien que les facteurs liés au mode de vie gagnent en influence pour la survie à plus long terme, les piARN offrent néanmoins un éclairage important sur les mécanismes biologiques sous-jacents.

Pour la suite, les chercheurs prévoient d’étudier si des changements de mode de vie, des médicaments ou de nouvelles classes thérapeutiques – comme les traitements à base de GLP‑1 – peuvent modifier les taux de piARN. Ils souhaitent également comparer les taux de piARN dans le sang à ceux présents dans les tissus de l’organisme, afin de mieux comprendre le fonctionnement de ces molécules. (...)

Référence

Kraus, V. B., Ma, S., Naz, S. I., Zhang, X., Vann, C. G., Orenduff, M. C., Kraus, W. E., Shen, S., Huebner, J. L., Chou, C.-H., Kummerfeld, E., Cohen, H. J., & Aliferis, C. F. (2026). Select small non-coding RNAs are determinants of survival in older adults. Aging Cell, 25. https://doi.org/10.1111/acel.70403

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