Un journaliste chinois a été arrêté à Prague, soupçonné de recueillir des informations au profit de Pékin, ont annoncé les autorités tchèques.
Cette arrestation survient après une série d’opérations d’espionnage présumé menées par la Chine à travers l’Europe, visant des responsables politiques, des secteurs stratégiques et des dissidents chinois.
Les gouvernements occidentaux ont également tiré la sonnette d’alarme au sujet de réseaux de piratage liés aux services de renseignement et de sécurité chinois, alimentant les craintes quant à l’ampleur et à la persistance de la capacité de Pékin à obtenir des informations sensibles et à perturber des infrastructures critiques.
Newsweek a contacté par courriel l’ambassade de Chine à Prague et le ministère tchèque de la Justice pour recueillir leurs commentaires.
Un ressortissant chinois, soupçonné d’entretenir des liens avec les services de renseignement de son pays, a été interpellé samedi à l’aube lors d’une opération coordonnée avec le Centre national de lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et la cybercriminalité de la police tchèque, a annoncé sur X le service de contre-espionnage BIS.
Le parquet a inculpé l’homme pour activité non autorisée au profit d’une puissance étrangère, marquant la première utilisation de ce délit depuis son entrée en vigueur en février 2025.
Un média tchèque, citant des sources proches de l’enquête, a identifié le suspect comme étant Yang Yiming, un correspondant accrédité du Guangming Daily, quotidien contrôlé par le Parti communiste chinois.
Durant son séjour en République tchèque, membre de l’OTAN, Yang aurait systématiquement cherché à tisser des réseaux parmi des responsables politiques et des faiseurs d’opinion jugés plus réceptifs aux positions de Pékin que la tendance dominante en Europe, a indiqué l’agence.
En cas de condamnation, Yang encourt jusqu’à cinq ans de prison.
Son arrestation est intervenue peu après la formation, en décembre, d’un nouveau gouvernement tchèque dirigé par le Premier ministre Andrej Babiš, qui a fait campagne sur un programme populiste.
Des hauts responsables ont indiqué que Babiš espère rouvrir des canaux économiques avec la Chine et pourrait se rendre à Pékin plus tard cette année. Les relations avec Pékin s’étaient détériorées ces dernières années, sur fond de rapprochement de Prague avec Taïwan, île autogérée que la Chine revendique comme faisant partie de son territoire.
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