The Press Junction.
The Press Junction.
12 mai 2026

Royaume-Uni: bientôt la fin de l'élevage de primates comme animaux de compagnie, 5000 singes menacés

©Kelly Sikkema via Unsplash

À partir du 6 avril 2026 au Royaume-Uni, il ne sera en pratique plus possible de détenir des primates comme animaux de compagnie. Les nouvelles mesures signées par le gouvernement prévoient, en effet, un système de licence avec des normes de bien-être similaires à celles des zoos, empêchant les particuliers de détenir des primates. 

Une décision qui pourrait avoir des conséquences terribles : selon les estimations officielles, ce changement de cap affectera jusqu'à 5 000 animaux.

Le gouvernement britannique présente la réforme comme une étape décisive pour améliorer le bien-être des animaux. Les primates sont des animaux intelligents, sociaux et complexes, dont les besoins ne peuvent être satisfaits dans un environnement domestique. Lord Douglas-Miller, ministre du bien-être animal, a souligné que ceux qui ne respectaient pas les nouveaux critères risquaient des amendes illimitées, voire des peines d'emprisonnement, ainsi que la confiscation des animaux. Cette position est partagée par la RSPCA, qui affirme qu'il est "pratiquement impossible" de fournir des soins appropriés aux singes et autres primates à domicile.

Des chiffres inquiétants

Pourtant, à quelques semaines de l'entrée en vigueur de la loi, des points de friction manifestes apparaissent. Selon l'organisation Born Free, seules trois demandes de licence ont été déposées en Angleterre en près d'un an. Un nombre négligeable par rapport à l'ampleur réelle du phénomène, qui risque de plonger des centaines d'animaux dans l'illégalité, avec des conséquences directes sur leur avenir. Le problème n'est pas seulement juridique, mais aussi structurel : les refuges et les sanctuaires sont déjà pleins et il n'existe pas de plans concrets pour accueillir les animaux confisqués.

Le risque d'une protection purement formelle

C'est là qu'apparaît la plus grande contradiction. D'une part, il est juste d'affirmer que les primates ne devraient pas vivre en captivité domestique, mais d'autre part, une loi sans solutions réalistes risque de se transformer en une condamnation à mort indirecte pour les animaux (5000 à ce jour) qu'elle prétend vouloir protéger, jusqu'au scénario extrême de l'euthanasie.

Partager: