The Press Junction.
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12 mai 2026

Pays-Bas : TikTok et l'IA propagent une vague de désinformation sur l'Holocauste dans les écoles

©Jean Carlo Emer via Unsplash

Les lycéens néerlandais confrontent de plus en plus leurs enseignants à la désinformation sur l'Holocauste provenant des réseaux sociaux. Cette tendance inquiétante ressort d'une enquête menée par NOS Stories auprès de plus de 190 enseignants.

Partout aux Pays-Bas, les enseignants font état d'une recrudescence de la désinformation sur l'Holocauste, qu'ils attribuent principalement à TikTok et à l'IA. "Les élèves ne savent plus distinguer le vrai du faux à cause de toutes ces vidéos", explique Maarten Post, professeur d'histoire, à NOS Stories. Il se réjouit néanmoins lorsqu'ils lui demandent des explications : "On peut alors rectifier le tir et entamer un vrai dialogue".

Dans un cas précis, des élèves lui ont montré une vidéo TikTok affirmant que l'Allemagne nazie n'avait tué "que" 271 000 Juifs. Il s'agit d'un mensonge et d'une sous-estimation grossière. En réalité, les nazis ont tué plus de six millions de Juifs, soit environ deux tiers de la population juive d'Europe, estimée à neuf millions par l'United States Holocaust Memorial Museum.

Les jeunes sont de plus en plus exposés à des informations inexactes ou simplifiées via des vidéos courtes et des contenus générés par l'IA. Sur des plateformes telles que TikTok, des images, des bribes d'information et des "explications" circulent sans que les sources ne soient citées. Il est donc extrêmement difficile pour les élèves de faire la part des choses entre la réalité et la fiction.

Des chiffres alarmants

Un tiers des enseignants estiment que les connaissances de leurs élèves sont insuffisantes et 40 % d'entre eux constatent qu'ils banalisent l'Holocauste. Et cette tendance néfaste n'est pas propre aux Pays-Bas. En janvier dernier, les institutions mémorielles allemandes ont exigé que des mesures soient prises contre les fausses images diffusées sur les réseaux sociaux. De son côté, le site d'Auschwitz qualifie les "fake" générés par l'IA de "profond mépris". Par ailleurs, l'année dernière, une mise à jour de Grok, la plateforme d'IA d'Elon Musk, avait donné lieu à des enquêtes en France pour des fables négationnistes.

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