Les progrès vers un accord de paix pour l’Ukraine restent lents, et des questions demeurent sur la possibilité pour Kiev d’organiser un scrutin en temps de guerre.
L’Ukraine a commencé à planifier l’élection présidentielle alors qu’elle subit une pression accrue du président Donald Trump et de son administration, selon un nouveau rapport.
La Maison-Blanche pousse Kiev à organiser des élections et à tenir un référendum sur un accord de paix avec la Russie, qui reste encore à définir, d’ici la mi-mai, a rapporté mercredi le quotidien britannique Financial Times.
Newsweek a contacté la présidence ukrainienne pour un commentaire. Une source anonyme à la présidence a déclaré mercredi au média RBC-Ukraine "qu’il n’y aura aucune annonce" au sujet des élections tant que les dispositions de sécurité ne seront pas arrêtées.
L’Ukraine a à plusieurs reprises écarté la perspective d’un scrutin en pleine guerre, alors que le pays demeure sous la loi martiale.
Le scepticisme est fort en Ukraine quant à la possibilité d’organiser des élections tant que le pays reste sous contrôle militaire, et les défis logistiques liés à un vote national sont considérables. Des millions d’Ukrainiens en âge de voter vivent à l’étranger, beaucoup combattent les forces russes le long de centaines de kilomètres de ligne de front. D’autres vivent sur des territoires actuellement contrôlés par la Russie.
Moscou s’est emparée d’environ un cinquième du territoire internationalement reconnu comme faisant partie de l’Ukraine, y compris des zones que le Kremlin contrôlait déjà avant son invasion à grande échelle de février 2022. En Ukraine, on craint que l’ouverture de batailles politiques internes pendant des élections en temps de guerre ne déstabilise Kiev alors que les combats se poursuivent.
Mais alors que Trump appelle à des élections en Ukraine et a parfois critiqué la légitimité du président ukrainien Volodymyr Zelensky, allant jusqu’à le qualifier de "dictateur", le dirigeant ukrainien a déclaré que son gouvernement pourrait organiser un scrutin si les États‑Unis et les autres soutiens du pays pouvaient garantir la sécurité des électeurs. Zelensky a indiqué en décembre qu’il faudrait entre 60 et 90 jours aux autorités ukrainiennes pour mettre en place des élections si toutes les conditions étaient réunies.
Zelensky reste populaire, même si des scandales de corruption touchant son premier cercle ont nourri le mécontentement envers le gouvernement et fait baisser sa cote de popularité, selon de récents sondages.
Le dirigeant ukrainien a déclaré la semaine dernière que l’administration Trump souhaitait que tous les documents visant à mettre fin à la guerre soient signés d’ici fin juin, alors que les responsables américains tournent leur attention vers les élections de mi‑mandat de novembre. Si Zelensky a fait état d’un accord sur des garanties de sécurité, la question centrale du contrôle territorial reste, elle, irrésolue.
Selon le Financial Times, qui cite des responsables ukrainiens et européens non identifiés ainsi que d’autres sources informées des préparatifs, Zelensky prévoit d’annoncer les projets d’élections et de vote sur les conditions de paix le 24 février, date qui marquera le quatrième anniversaire de l’offensive d’invasion lancée par la Russie.
Aucune élection ne peut avoir lieu en Ukraine tant que la loi martiale n’est pas levée, a rappelé Oleksandr Merejko, président de la commission des affaires étrangères du Parlement ukrainien et membre du parti de Zelensky.
Si le Parlement ukrainien décrète des élections, la toute première date possible serait en août, a ajouté Merejko.
On ignore encore qui se disputera le pouvoir lors de ces futures élections. Un candidat probable est Valery Zaloujny, l’ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes, actuellement ambassadeur de Kiev à Londres.
Zaloujny est largement considéré comme le principal rival potentiel de Zelensky. Il a minimisé les spéculations sur une éventuelle entrée en politique en Ukraine et s’est publiquement opposé à la tenue d’élections en temps de guerre.
Vitaly Kim, le gouverneur de longue date de la région méridionale de Mykolaïv, nommé par Zelensky avant la guerre, a déclaré la semaine dernière à Newsweek que Zelensky est "pour l’instant la meilleure option comme dirigeant de l’après‑guerre."
Beaucoup dépendra de l’issue des nouvelles discussions trilatérales entre les États‑Unis, l’Ukraine et la Russie. Les précédents cycles de négociations, organisés ces dernières semaines aux Émirats arabes unis, se sont achevés sans accord, mais les responsables ont qualifié les échanges de constructifs.
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