La navigation normale dans le détroit d'Ormuz ne reprendra qu'après le déminage de 80 mines
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La navigation normale dans le détroit d’Ormuz ne reprendra qu’une fois que les quelque 80 mines posées par l’Iran au milieu du détroit pendant le conflit auront été retirées. C’est ce qu’explique Intertanko, l’association des armateurs indépendants de pétroliers, dans le journal britannique The Guardian.
Selon Intertanko, la voie principale traversant le centre du détroit reste fermée et dangereuse. Phil Belcher, directeur maritime chez Intertanko, décrit la situation dans le journal comme "une autoroute dont la voie centrale est fermée et où l’on doit emprunter la bande d’arrêt d’urgence".
Les mines ont été posées dans la zone de séparation du trafic en vigueur depuis 1968 entre l’Iran et Oman afin de limiter la circulation des pétroliers. Les conséquences de la fermeture de cette voie essentielle au commerce mondial sont graves : depuis février, environ 600 navires sont toujours à l’ancre dans le Golfe et quelque 20 000 marins sont bloqués de part et d’autre du détroit.
En temps normal, le détroit accueille chaque jour environ 130 navires, qui transportent 20 % des flux mondiaux de pétrole. Le secteur maritime met en garde contre un risque accru de collisions en raison des "perturbations de signal" causées par l’Iran, qui empêchent les systèmes de navigation et de positionnement des navires de fonctionner.
Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd’s List, a déclaré que "nous sommes en terrain inconnu" et qu’il ne s’attend pas à ce que le trafic maritime revienne à la normale cette année. Même si le cessez-le-feu tient, environ 10 % de la capacité mondiale de transport de conteneurs reste affectée et les tarifs de fret s’envolent.
Le mémorandum conclu entre les États-Unis et l’Iran oblige ce dernier à garantir un passage en liberté de trafic pendant au moins 60 jours, avec un rétablissement complet du trafic maritime dans un délai de 30 jours. Téhéran a toutefois l’intention de percevoir des droits de passage à l’issue de cette période, bien que de tels prélèvements soient illégaux au regard du droit international. Le secteur maritime craint que les péages imposés par l’Iran ne créent un précédent pour d’autres voies maritimes importantes, telles que le détroit de Malacca et le détroit de Taïwan.
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