The Press Junction.
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27 juin 2026

L’Albanie risque de perdre toute chance d’adhérer à l’UE

Environmental activists, civil society groups, families, and members of the Albanian diaspora gather outside the Prime Minister's Office carrying banners, placards, and Albanian flags during the twenty-first consecutive day of demonstrations against a proposed luxury tourism development project in Tirana, Albania, on June 20, 2026. (Photo by Vlasov Sulaj/NurPhoto) ©picture alliance / NurPhoto | Vlasov Sulaj

Les manifestations en Albanie durent depuis plus de vingt jours. Des manifestants en colère descendent dans la rue avec des pancartes représentant des flamants roses pour s’opposer au projet d’un complexe "Trump", mais le mécontentement sous-jacent va bien au-delà de ce seul projet. 

Les complexes hôteliers de luxe prévus par Ivanka Trump et Jared Kushner, respectivement fille et gendre du président américain, devraient voir le jour dans une réserve naturelle protégée connue pour abriter des flamants roses. L’Union européenne observe également ces projets avec inquiétude : selon Bruxelles, la poursuite de la construction pourrait en effet avoir des conséquences sur les chances d’adhésion de l’Albanie.

L’Albanie souhaite adhérer à l’Union européenne depuis des années, mais la corruption endémique constitue un obstacle de taille. Selon l’indice de perception de la corruption, le pays figure toujours parmi les plus corrompus d’Europe. Pour s’attaquer à ce problème, un procureur spécial chargé de la lutte contre la corruption a été nommé en 2016. Celui-ci, qui bénéficie du soutien de l’UE, a déjà réussi à contraindre plusieurs personnalités politiques de premier plan à démissionner ; certaines se sont même retrouvées derrière les barreaux. 

À l’heure actuelle, des enquêtes sont également en cours concernant deux vice-Premiers ministres. Aujourd’hui, ce même procureur braque ses projecteurs sur le projet Trump. Récemment, la loi protégeant les réserves naturelles a été modifiée. La construction d’hôtels cinq étoiles est désormais autorisée, même au cœur d’une zone protégée, explique le défenseur de l’environnement Joni Vospri dans la presse internationale.

Jared Kushner, le mari d’Ivanka Trump, va construire un complexe hôtelier de luxe sur une île albanaise inhabitée. Le gendre de Trump souhaite y implanter un complexe touristique au cœur d’une réserve naturelle. L’ensemble du projet coûte environ 6 milliards de dollars (5,16 milliards d’euros). Tout semble déjà bouclé, mais de nombreux Albanais ne sont pas satisfaits des projets du gendre de Trump ; ils descendent dans la rue et manifestent depuis trois semaines contre l’implantation de ce complexe de luxe au large des côtes albanaises.

Le week-end dernier encore, les manifestants ont défilé en masse dans le centre de la capitale, Tirana, et se sont rassemblés devant le bâtiment du gouvernement. Ils y ont exigé la démission du Premier ministre Edi Rama. Selon les manifestants, Rama privilégierait en effet les investisseurs étrangers au détriment des intérêts du pays.

Ce grand projet de construction sur l’île albanaise de Sazan et la zone côtière qui lui fait face suscite de vives protestations. C’est surtout le projet concernant la réserve naturelle protégée située de l’autre côté de l’île qui se heurte à une forte opposition, car elle abrite des espèces animales vulnérables telles que le phoque moine de Méditerranée et le flamant rose et constitue un habitat essentiel pour les oiseaux migrateurs

L'agitation s'est intensifiée après que la zone a été clôturée avec des barrières et des fils barbelés. Les habitants de la région se sont insurgés, et une vidéo montrant un manifestant traîné hors du site par des agents de sécurité a déclenché des manifestations dans la capitale, Tirana. Les organisations environnementales dénoncent un manque total de transparence et estiment que la nature et la population n’ont pas été prises en compte.

La controverse va toutefois au-delà de la simple préservation de la nature. En effet, de nombreux manifestants soupçonnent qu’il pourrait également y avoir des cas de corruption, car une loi a été modifiée en 2024 afin d’autoriser la construction dans les zones protégées. C’est cette même année que ce projet de construction controversé a ensuite été annoncé. Le service albanais de lutte contre la corruption, le SPAK, enquête désormais à la fois sur cette modification législative et sur l’origine des investissements destinés à l’acquisition du site.

 

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