"S'ils ne se tiennent pas à carreau, on leur tirera à nouveau dessus"
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Les États-Unis et l’Iran sont parvenus dimanche soir à un accord provisoire visant à mettre fin à leur conflit. Cette avancée a d’abord été annoncée par le Premier ministre pakistanais, puis confirmée tant par Téhéran que par le président américain Donald Trump. De nombreux détails restent encore flous, mais les grandes lignes de l’accord commencent à se dessiner.
Selon Donald Trump, le détroit d’Ormuz, d’une importance stratégique cruciale, sera à nouveau entièrement rouvert vendredi. Parallèlement, les États-Unis lèveraient leur blocus maritime des ports iraniens. La signature officielle est prévue le 19 juin à Bürgenstock, en Suisse, une station de luxe qui sert souvent de cadre à des rencontres diplomatiques.
Trump souligne toutefois que l’accord n’est "pas définitif". Lors du sommet du G7 à Évian-les-Bains, en France, il a laissé une porte ouverte : si l’Iran ne respecte pas ses engagements, il n’exclut pas une intervention militaire. "S'ils ne se tiennent pas à carreau, on leur tirera à nouveau dessus", a-t-il déclaré d'un ton sec. Dans le même temps, il a indiqué qu'il souhaitait soumettre le texte de l'accord au Congrès américain et qu'il pourrait même le lire publiquement.
Selon le vice-président JD Vance, un élément important de l’accord est que l’Iran autorisera à nouveau les inspections nucléaires internationales. Ce point est crucial pour les pays occidentaux, qui souhaitent en effet empêcher Téhéran de développer des armes nucléaires.
Au niveau international, l’accord a été accueilli avec un optimisme prudent. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a exprimé son soutien et a appelé toutes les parties concernées, y compris Israël, à respecter les engagements pris. Dans le même temps, Moscou a averti que l’offensive israélienne contre le Hezbollah au Liban pourrait constituer une menace pour ce fragile équilibre.
Des voix se sont également élevées en faveur de l’accord dans le monde religieux. Le pape Léon XIV a qualifié l’accord de "résultat encourageant d’un travail patient de dialogue et de négociation" et a exprimé l’espoir qu’il contribuera à la stabilité au Moyen-Orient. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a parlé d’un "énorme pas en avant" et a souligné que l’alliance se tenait prête à apporter son aide si nécessaire.
Entre-temps, certaines parties de l’accord ont déjà fait l’objet de fuites dans des médias tels que Bloomberg et Al Arabiya. Celui-ci comporterait quatorze points, dont le soutien américain à la reconstruction de l’Iran, pour un coût estimé à 300 milliards de dollars. Les médias iraniens affirment toutefois que la version divulguée est incomplète et contient des inexactitudes, notamment concernant le régime applicable au détroit d’Ormuz. L’Iran a ainsi annoncé vouloir facturer des "frais de service" pour le passage dans le détroit, ce qui ne figure pas dans toutes les versions du document.
Le président iranien Masoud Pezeshkian parle d’une victoire diplomatique et souligne que son pays ne doit pas laisser passer cette opportunité. L’Iran est confronté depuis des années à de graves difficultés économiques dues aux sanctions internationales, qui se sont encore aggravées en raison du conflit.
Après la signature vendredi, un nouveau cycle de négociations de soixante jours va débuter, au cours duquel les dossiers les plus sensibles, tels que le programme nucléaire iranien, seront approfondis. Il est pour l’instant difficile de savoir si l’accord-cadre actuel débouchera effectivement sur un accord de paix durable.
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