©picture alliance / Anadolu | Cristian Acosta
La Colombie est secouée par des troubles de rue après la victoire électorale de justesse d’Abelardo De La Espriella, avocat et homme d’affaires nationaliste de droite.
Dans la ville de Cali, les manifestations ont dégénéré en émeutes dimanche soir : des manifestants ont incendié des drapeaux américains et cherché la confrontation avec la police anti-émeute. De La Espriella est en effet un partisan du président américain Donald Trump.
La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser une foule de plusieurs milliers de personnes. Certains manifestants étaient munis de pierres et de barres de fer. Ces troubles ont fait suite à l'annonce des résultats provisoires de l'élection présidentielle, dans laquelle De La Espriella l'a emporté de justesse face au sénateur de gauche Iván Cepeda.
Selon le dépouillement rapide, De La Espriella a obtenu 49,66 % des voix, tandis que Cepeda a recueilli 48,7 %. L'écart s'élève à environ 246 000 voix. Bien que De La Espriella se soit déjà proclamé vainqueur et ait remercié ses partisans sur les réseaux sociaux, le résultat n’est pas encore définitif. Le dépouillement juridiquement contraignant n’est attendu que dans quelques jours.
Ce politicien de 47 ans, surnommé "El Tigre", s’est distingué pendant sa campagne par un discours musclé sur la sécurité, la croissance économique et une réduction drastique de l’État. Il souhaite mettre fin aux pourparlers de paix avec les groupes armés et les remplacer par une approche militaire plus stricte. Il souhaite également relancer l’exploration pétrolière, autoriser la fracturation hydraulique (une technique permettant d’extraire du pétrole ou du gaz de couches rocheuses profondes) et presque doubler la production pour atteindre 1,3 million de barils par jour.
Sa victoire marque, selon ses propres termes , le début "d’une nouvelle ère" pour la Colombie. Dans son discours de victoire, il s’est engagé à rétablir l’ordre et à préserver les libertés démocratiques. Le ministre américain des Affaires étrangères, Marco Rubio, l’a félicité pour sa victoire et a déclaré qu’il se réjouissait d’une coopération plus étroite dans les domaines de la sécurité, de la migration et du commerce.
Ces liens avec Washington ne font pas l’unanimité. Pour de nombreux opposants, De La Espriella incarne en effet un virage radical vers la droite, notamment en raison de son admiration pour des dirigeants tels que Javier Milei et Nayib Bukele. Sa proposition de construire dix méga-prisons et de sévir contre les cartels de la drogue s’inscrit également dans cette logique.
Pour l’instant, Cepeda refuse d’accepter sa défaite et conteste les résultats de milliers d’urnes. Le président Gustavo Petro a également indiqué qu’il ne reconnaîtrait que le décompte définitif. Cela montre clairement que la Colombie n’en a pas encore fini avec la bataille électorale.
(©picture alliance / Anadolu | Cristian Acosta)
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