Un missile nucléaire russe diffuserait des particules radioactives dans l'air
©picture alliance / Picvario Media | Roman Naumov
Des scientifiques avertissent que le missile nucléaire russe "Burevestnik" pourrait disperser des particules radioactives dans l'air. Selon une nouvelle analyse réalisée par deux chercheurs du Massachusetts Institute of Technology, ce missile de croisière utiliserait probablement un système de propulsion nucléaire à cycle ouvert, dans lequel l’air extérieur circule directement à travers le cœur du réacteur avant d’être ré-émis sous forme de poussée. C’est ce qu’indique le Times of India.
Le "Burevestnik", appelé "SSC-X-9 Skyfall" dans la terminologie de l’OTAN, a été présenté en 2018 par Vladimir Poutine comme l’une des "super-armes" russes . Cette arme aurait une portée pratiquement illimitée, mais cette affirmation ambitieuse présente un inconvénient majeur : le moteur semble rejeter dans l’atmosphère, pendant le vol, des isotopes radioactifs tels que l’argon, le krypton et le carbone.
Les chercheurs Jake Hecla et R. Scott Kemp fondent leur conclusion sur des images et des données de performance accessibles au public. Ils affirment que la conception correspond "presque certainement à un système de propulsion nucléaire à cycle direct et à respiration atmosphérique", probablement couplé à un turboréacteur. Dans un tel système, l’air extérieur est aspiré, acheminé à travers le réacteur, chauffé par fission nucléaire, puis expulsé vers l’arrière pour propulser la fusée.
C’est précisément ce principe qui, selon l’étude, rend la fusée si problématique. L’air entrant directement en contact avec le cœur du réacteur, les résidus radioactifs ne restent pas confinés, mais sont projetés dans l’atmosphère. Plus la fusée vole longtemps, plus la quantité de matières radioactives susceptible de se disperser le long de sa trajectoire est importante. De plus, une exposition prolongée à la chaleur et à l’air comprimé peut endommager le cœur du réacteur, ce qui entraînerait une pollution supplémentaire.
À la suite de tests antérieurs, l’organisation environnementale norvégienne Bellona avait déjà suggéré qu’une augmentation du rayonnement dans l’Arctique pouvait être liée à cette arme. En 2019, une explosion s’est produite sur une plate-forme de la mer Blanche, faisant cinq morts et provoquant un pic de radioactivité mesuré à Severodvinsk. La Russie a quant à elle poursuivi ses essais, dont un lancement au-dessus du pôle Nord en 2025, qualifié de "réussi" par le Kremlin.
Le message central de cette nouvelle étude est clair : si le "Burevestnik" est certes impressionnant sur le plan technique, son mode de propulsion présumé en fait une arme potentiellement extrêmement polluante et dangereuse.
(©picture alliance / Picvario Media | Roman Naumov)
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