Une chanteuse iranienne condamnée à 74 coups de fouet pour avoir chanté sans hijab
© Matthias Wagner via Unsplash
La chanteuse iranienne Parastoo Ahmadi et huit membres de son équipe de production ont été condamnés à 74 coups de fouet, à une interdiction de quitter l'Iran pendant deux ans et à une interdiction d'exercer toute activité artistique pendant deux ans. C’est la peine qui leur a été infligée pour avoir donné un concert diffusé en direct en 2024 sur la chaîne YouTube d’Ahmadi.
Le tribunal pénal de la province de Qom les a condamnés notamment pour atteinte aux bonnes mœurs en raison de la production et de la publication en ligne de "contenus vulgaires et immoraux".
L'affaire trouve son origine dans une diffusion en direct sur la chaîne YouTube de Parastoo Ahmadi en décembre 2024. Elle y chantait alors le chant patriotique "Az Khoone Javanane Vatan" (Du sang de la jeunesse de la patrie) sans porter de hijab. La vidéo du concert est devenue virale.
La chanteuse a été brièvement placée en garde à vue avec plusieurs musiciens avant d’être relâchée, mais les autorités ont par la suite déposé une plainte officielle à la suite de cette vidéo, qui a totalisé des millions de vues sur YouTube.
Les organisations de défense des droits de l’homme et les avocats affirment que ce verdict n’a aucun fondement juridique, arguant que le fait pour des femmes de chanter et de produire de la musique n’est pas punissable en vertu du code pénal iranien. Les défenseurs des droits de l’homme condamnent la flagellation, qu’ils qualifient de torture et de traitement inhumain contraire aux obligations internationales. Ce verdict s’inscrit dans une tendance plus large d’arrestations d’artistes opposés au régime, visant à décourager la résistance culturelle.
Des artistes iraniens et des exilés, dont Nazanin Boniadi et Setareh Maleki, décrivent cette peine comme la preuve que l’appareil répressif iranien reste inchangé, malgré la propagande de guerre. Maleki a salué la résistance d’Ahmadi, qu’elle a qualifiée d’inspirante, et a déclaré que les femmes iraniennes ne cessaient jamais de lutter contre la tyrannie et que des artistes comme Ahmadi devenaient des "lumières" d’espoir.
(© Matthias Wagner via Unsplash)
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